
Le secteur bancaire tunisien coté affiche entre 2019 et 2024 une résilience notable, caractérisée par une liquidité excédentaire, une rentabilité globalement solide et une progression soutenue des actifs (+14,1 % par an en moyenne).
Toutefois, cette dynamique reste freinée par un niveau encore élevé de créances douteuses (NPL à 12,3 % en 2024), révélant une qualité d'actifs fragile et une exposition importante aux risques souverains.
Selon l'analyse multidimensionnelle " Score CAMEL " élaborée par Maxula Bourse, trois banques se détachent comme leaders structurels : BIAT, Attijari bank et Banque de Tunisie. Elles combinent solide rentabilité, bonne efficience opérationnelle et gestion prudente des risques. Un second groupe, composé d'Amen Bank, UIB et UBCI, présente un profil stable mais en manque de différenciation stratégique.
Les banques publiques -BNA, BH et STB - montrent des signes de redressement mais restent handicapées par une efficience faible et des contraintes structurelles. Quant à ATB, WIFAK Bank et BTE, elles traversent une phase de repositionnement nécessitant modernisation et refonte de leur modèle économique.
L'étude souligne un paradoxe majeur : malgré un niveau de liquidité très confortable (LCR supérieur à 200 % pour plusieurs établissements), les banques peinent à transformer cette ressource en croissance réelle, faute de marges suffisantes et d'un portefeuille d'actifs suffisamment sain.
Maxula Bourse conclut que la prochaine étape pour le secteur passe par une transformation profonde : modernisation technologique, consolidation, spécialisation stratégique et réforme accélérée des banques publiques. Le secteur ne manque pas de capital, mais souffre d'un usage inefficace de ce capital, dans un contexte économique où les risques macro-financiers demeurent élevés.
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Publié le 20/11/25 19:41




