En mars 2026, l'Algérie voit ses recettes pétrolières grimper en flèche, tirées par des prix record et une demande européenne soutenue.
En Algérie, les recettes pétrolières ont enregistré un bond spectaculaire en mars 2026, générant 455 millions de dollars de surplus sur un seul mois, selon les dernières données de Petrologistics.
Cette progression ne provient pas d'une hausse significative de la production, les volumes exportés n'ayant augmenté que de 12.240 barils par jour, mais bien d'un effet prix foudroyant sur les marchés mondiaux.
Le principal facteur de ce gain est la montée en flèche du prix du brut algérien de référence, le Sahara Blend. Ce pétrole léger et faiblement sulfuré, apprécié pour sa qualité par les raffineries internationales, a vu son prix moyen passer d'environ 70,66 dollars au baril sur le premier bimestre de l'année à plus de 104 dollars en mars.
Ce phénomène s'explique par les tensions géopolitiques dans le golfe et autour du détroit d'Ormuz, qui ont accentué les craintes de perturbations sur l'offre pétrolière mondiale, entraînant une forte hausse des cours internationaux. En parallèle, le Sahara Blend a été valorisé par sa qualité, qui le rend particulièrement attractif pour les raffineries européennes et méditerranéennes.
L'Algérie tire parti du contexte mondial
En février 2026, avant la flambée des cours observée en mars, le prix moyen du brut algérien de référence, le Sahara Blend, s'était déjà apprécié sur les marchés mondiaux, avec une cotation moyenne d'environ 73,59 dollars le baril, contre 67,73 dollars en janvier, selon le dernier rapport mensuel de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).
Cette performance plaçait alors l'Algérie parmi les bruts arabes les mieux valorisés, même si elle n'avait pas encore atteint les sommets enregistrés en mars.
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Dans un marché pétrolier mondial amputé de plus de 8 millions de barils par jour en raison des perturbations dans le détroit d'Ormuz et de l'instabilité géopolitique au Moyen-Orient, l'Algérie tire parti de sa position géographique favorable.
Contrairement à certains producteurs majeurs qui peinent à évacuer leurs cargaisons, l'Irak et le Koweït ayant perdu respectivement 4,5 et 1,2 milliards de dollars en revenus en mars faute de débouchés sûrs, l'Algérie bénéficie d'un accès direct à l'Europe via la Méditerranée, ce qui en fait un fournisseur particulièrement sollicité.
Il est à noter que l'alliance OPEP+, qui a décidé d'augmenter volontairement la production globale de 206 000 barils par jour en mai à l'issue de sa dernière réunion de coordination. L'Algérie prévoit ainsi d'augmenter son quota de production de 6 000 barils par jour, portant sa production totale à 983 000 barils par jour, selon les données publiées par l'alliance.
Dans ce contexte de prix élevés et de marchés perturbés, l'Algérie apparaît comme l'un des principaux bénéficiaires directs du blocage partiel du trafic pétrolier mondial.
Jihen Mkehli
Publié le 06/04/26 13:32




