Après avoir effacé une partie de ses pertes du deuxième trimestre, le pétrole retrouve des sommets sous l'effet des tensions au Moyen-Orient.

Le pétrole s'oriente vers sa plus forte progression hebdomadaire depuis avril, porté par l'intensification de la guerre entre les États-Unis et l'Iran.
Le Brent, référence mondiale, a franchi le seuil des 85 dollars le baril et se dirige vers un gain hebdomadaire d'environ 12 %, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) évolue à proximité des 80 dollars (79,06).
Dans le même temps, le brut est remonté près de son plus haut niveau depuis un mois, effaçant une partie de la chute de près de 30 % enregistrée au deuxième trimestre.
Cette flambée des prix intervient alors que Washington a lancé une nouvelle vague de frappes contre l'Iran, ciblant notamment des installations de défense, au lendemain d'attaques ayant touché un pétrolier à proximité du principal terminal d'exportation du pays, membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).
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La crise s'étend également à l'ensemble de la région. Le Qatar a indiqué avoir intercepté des missiles visant son territoire, tandis que, selon Reuters, Téhéran a averti les rebelles houthis au Yémen qu'il fermerait le détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique vers la mer Rouge emprunté par une part importante des exportations de pétrole saoudien, si les infrastructures énergétiques iraniennes venaient à être ciblées.
Les marchés suspendus à l'évolution du conflit
Les anticipations des marchés restent extrêmement dépendantes de l'évolution du conflit. Deux scénarios dominent actuellement les analyses des banques et cabinets spécialisés.
Les marchés estiment qu'un accord entre Washington et Téhéran entraînerait une baisse progressive des prix du pétrole, grâce au rétablissement des flux via le détroit d'Ormuz et à la diminution de la prime de risque géopolitique.
Toutefois, les cours ne reviendraient pas immédiatement à leurs niveaux d'avant-crise, les stocks mondiaux restant faibles et les risques sécuritaires persistant. Goldman Sachs estime ainsi que le Brent pourrait se stabiliser autour de 75 à 80 dollars le baril une fois les tensions apaisées
À l'inverse, une aggravation des hostilités, notamment une fermeture durable du détroit d'Ormuz ou de Bab el-Mandeb, pourrait provoquer une nouvelle envolée des cours. Reuters rapporte que les investisseurs anticipent de nouvelles hausses si les perturbations des exportations venaient à s'aggraver.
Les opérateurs concentrent désormais leur attention sur plusieurs éléments : l'éventualité d'une reprise des négociations entre les États-Unis et l'Iran, le maintien ou non de la circulation des pétroliers dans les détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb, l'ampleur des dégâts éventuels sur les infrastructures pétrolières iraniennes et des pays du Golfe et la capacité des producteurs de l'OPEP et de leurs alliés à compenser une éventuelle baisse de l'offre.
Jihen Mkehli
Publié le 17/07/26 07:45




