Après l'Espagne, le Maroc étudie un projet d'interconnexion électrique avec le Portugal, destiné à diversifier les échanges d'énergie, à améliorer la sécurité d'approvisionnement et à ouvrir de nouvelles perspectives pour l'intégration des énergies renouvelables marocaines sur le marché européen.
Le Maroc et le Portugal avancent dans l'examen d'un projet d'interconnexion électrique entre les deux pays.
Annoncée le 6 juillet, en marge de la réunion ministérielle du programme d'interconnexion énergétique du Sud-Ouest de l'Europe, cette initiative figure parmi les pistes étudiées par Lisbonne pour renforcer ses infrastructures énergétiques.
La ministre portugaise de l'Environnement et de l'Énergie, Maria da Graça Carvalho, a confirmé l'intérêt du Portugal pour cette future liaison, et que des responsables marocains doivent prochainement se rendre au Portugal afin d'évaluer les perspectives de ce projet.
L'infrastructure envisagée pourrait atteindre une capacité de 1 000 MW, selon les orientations du secteur électrique marocain. Elle s'inscrit dans la stratégie du Royaume visant à multiplier ses interconnexions régionales et à renforcer son intégration au marché énergétique européen.
Toutefois, le projet demeure à un stade préliminaire. Aucune décision finale d'investissement n'a encore été arrêtée. Lisbonne devra notamment conduire des études approfondies afin d'évaluer les coûts, les retombées économiques et les conditions techniques nécessaires à la réalisation de cette infrastructure, mais aussi d'identifier la faisabilité réelle de cette nouvelle liaison électrique entre les deux pays.
Après l'Espagne, le Maroc cherche à multiplier ses connexions
Le Maroc dispose déjà d'une interconnexion électrique avec l'Espagne. Cette dernière, initialement mise en service en 1997 puis renforcée en 2006, permet aujourd'hui des échanges électriques entre les deux rives du détroit de Gibraltar.
Le royaume prévoit également de renforcer cette connexion avec l'Espagne à travers une troisième ligne d'une capacité de 700 MW, tout en explorant d'autres projets, notamment avec la Mauritanie.
Pour le Royaume, ces infrastructures constituent un levier pour accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables et favoriser les échanges d'électricité verte avec les marchés voisins. Le Maroc dispose d'un potentiel important dans le solaire et l'éolien et cherche à valoriser cette production au-delà de ses frontières.
Du côté portugais, le projet répond à un objectif de diversification des sources d'approvisionnement. Le pays reste aujourd'hui fortement dépendant de ses connexions avec l'Espagne pour ses échanges électriques, ce qui pousse Lisbonne à rechercher de nouvelles options afin d'améliorer la résilience de son réseau.
Si elle voit le jour, cette infrastructure pourrait devenir un nouvel élément du réseau énergétique euro-africain et accompagner la transition vers un système électrique davantage basé sur les renouvelables.
Jihen Mkehli
Publié le 16/07/26 08:08




