Pensé dès les années 1970, relancé à plusieurs reprises puis freiné par les crises, le gazoduc transsaharien est officiellement lancé, avec un coût global estimé à plus de 13 milliards de dollars, afin de relier les vastes réserves gazières du Nigeria aux infrastructures énergétiques algériennes, en passant par le Niger, et d'ouvrir une route vers les marchés internationaux.
Le 4 juin 2026, l'Algérie a officiellement lancé les travaux du projet de gazoduc transsaharien (TSGP), reliant le Nigeria, le Niger et l'Algérie. Il s'agit de l'un des plus importants projets énergétiques du continent africain, appelé à reconfigurer les échanges de gaz naturel entre l'Afrique de l'Ouest et les marchés internationaux.
Ce lancement marque une étape primordiale dans la concrétisation du gazoduc algéro-nigérian. Le projet traverse notamment la région d'Aouf, intégrée à la vaste province d'Adrar, dans le sud-ouest de l'Algérie, une zone stratégique pour les infrastructures énergétiques du pays.
Conçu pour transporter entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel nigérian par an, le gazoduc doit acheminer ces volumes à travers le Niger jusqu'en Algérie. Une fois sur le sol algérien, le gaz sera orienté vers les infrastructures nationales de traitement, de liquéfaction et d'exportation, avant d'être redistribué vers les marchés régionaux et internationaux, avec une attention particulière portée au marché européen.
Détails du projet
Sur le plan technique, le gazoduc transsaharien figure parmi les plus grands projets d'infrastructure énergétique au monde. Il doit s'étendre sur environ 4 128 kilomètres, reliant la région de Warri, dans le sud du Nigeria, au hub gazier de Hassi R'mel en Algérie, en traversant le Niger. Le tracé se répartit en plusieurs sections : environ 1 037 km au Nigeria, près de 841 km au Niger et plus de 2 200 km en Algérie.
Le coût global du projet est estimé à environ 13 milliards de dollars, selon les dernières évaluations actualisées. Sa capacité de transport devrait atteindre entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, destiné à alimenter à la fois les marchés régionaux africains et les marchés internationaux, notamment européens via les infrastructures algériennes existantes.
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En effet, une des particularités du projet réside dans son intégration au réseau énergétique algérien déjà développé. Le gaz sera acheminé et injecté vers les infrastructures nationales de transport, de traitement et de liquéfaction, notamment depuis les bassins gaziers du sud algérien comme celui d'Ahnet.
Selon plusieurs estimations récentes, environ 60 % des travaux préparatoires et des infrastructures initiales auraient déjà été réalisés en Algérie et au Nigeria.
Origines et relance du projet
Le projet de gazoduc transsaharien, également appelé Nigeria–Algérie pipeline, remonte aux années 1970–1980, période durant laquelle l'idée d'une liaison énergétique reliant les immenses réserves gazières du Nigeria aux infrastructures algériennes de transport et d'exportation a été évoquée pour la première fois.
Le projet a ensuite été formalisé au début des années 2000, avec la signature d'un mémorandum d'entente entre la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) et Sonatrach en 2002, marquant le début des études techniques et de faisabilité.
En 2006, une étude approfondie conclut à la viabilité technique et économique du projet, avant qu'un nouvel accord ne soit signé en 2009 pour poursuivre sa mise en œuvre.
Toutefois, le projet a longtemps été ralenti par des contraintes sécuritaires au Sahel, des difficultés de financement et des évolutions du marché énergétique mondial. Ce n'est qu'à partir de 2022–2025, puis surtout en 2026, qu'il connaît une véritable relance politique et opérationnelle entre l'Algérie, le Niger et le Nigeria.
Jihen Mkehli
Publié le 05/06/26 09:52




