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Les banques cotées réalisent un PNB record de 5 milliards de dinars en 2020

Par Moez Hadidane, le 31/01/2021

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Moez Hadidane

Au terme de l'année 2020, les douze banques cotées affichent un PNB en croissance de 1,1% provenant à hauteur de +0,7% des commissions, +0,6% de la marge sur intérêts et -0,2% des revenus de portefeuille. Considérant l'augmentation des charges opératoires (hors dotations aux amortissements) de 1,8% (et dont le poids dans le PNB passe de 41,5% en 2019 à 42,2% en 2020), le Résultat avant Impôts, Provisions et Amortissement, enregistre une croissance limitée mais positive de 0,6% durant une année assez difficile pour le secteur.

Moez Hadidane | Tera Finances 

En dépit de la crise sanitaire et les décisions de la BCT de report des échéances des crédits accordés aux professionnels et aux entreprises allant du premier mars 2020 au 30 septembre 2020 (circulaire 06-2020) puis prorogé au 30 septembre 2021 (circulaire 21-2020), des échéances des crédits aux particuliers dont les revenus mensuels nets sont inférieurs à mille dinars du premier mars 2020 au 30 septembre 2020 (circulaire 07-2020) et des échéances des crédits aux particuliers dont les revenus mensuels nets sont supérieurs à mille dinars du premier avril 2020 au 30 juin 2020 (circulaire 08-2020), les banques cotées ont montré une résilience remarquable.

En effet, à la clôture de l'année 2020, le PNB des banques cotées, tel qu'il ressort des indicateurs d'activité, a augmenté de 1,1% (+54,5 millions de dinars) frôlant la barre des 5 milliards de dinars. Reste à confirmer si cette croissance est cohérente au niveau des états de flux de trésorerie qui seront disponibles à l'occasion de la publication des états financiers audités arrêtés au 31 décembre 2020.

L'évolution du PNB des banques cotées résulte de l'effet conjugué de la croissance de la marge sur intérêts (MIF) de 1,1% et de la marge sur commission de 3,2% et, parallèlement, de la régression (pour la deuxième année de suite) des revenus de portefeuille et des opérations de marché (change) de 0,7%.

Compte tenu de cette évolution, la marge sur commissions empiète sur le poids des revenus de portefeuille et porte sa part dans le PNB agrégé des banques cotées à 21,5% en 2020, contre 21% l'année précédente. Le poids de la marge d'intermédiation financière reste stable par rapport à 2019 au niveau de 55,1%. Les revenus de portefeuille représentent ainsi 23,5% du PNB total contre 28,3% en 2017.

Considérant le poids de chaque composante dans le PNB, la croissance de ce dernier en 2020 de 1,1% provient de la hausse de 0,7% des commissions, de 0,6% de la marge sur intérêts et d'un repli de 0,2% des revenus de portefeuille. Les commissions ont ainsi le plus contribué dans les 1,1% de croissance du PNB.

En absolu (variation en dinars), l'ATB a enregistré la plus importante variation du PNB avec un accroissement entre 2019 et 2020 de +39 millions de dinars (+16,3%), suivie par la BNA (+29,4 millions, +4,5%) et BH BANK (+15,4 millions, +3,1%). A l'opposé, la BIAT a réalisé la plus forte contraction du PNB avec un recul de -20,2 millions de dinars (-2,1%), relayée par l'UIB (-17,4 millions, -4,1%) et l'UBCI (-13,6 millions, -5,3%).

Par composante, les plus fortes hausses (absolues) de la marge d'intérêts sont attribuées à l'ATB (+43,8 millions de dinars), BH (+19,4 millions) et Attijari bank (+19,3 millions). En bas du tableau, les plus fortes contractions de la marge sur intérêts reviennent à la BIAT (-52,8 millions de dinars), STB (-13,3 millions) et UIB (-2,8 millions).

Au niveau de la marge sur commissions, la BNA a augmenté ses commissions de 19,1 millions de dinars, la BIAT de 13 millions et la STB de 12 millions. En contrepartie, les marges sur commissions ont reculé pour Attijari bank de 10,6 millions, pour l'UIB de 8 millions et pour BH Bank de 5,2 millions.

Enfin, la BIAT amortit le choc grâce à l'amélioration des revenus de portefeuille et opérations financières de 19,6 millions de dinars, suivi par la BT (+13,5 millions). Symétriquement, ce poste enregistre une baisse de 11,3 millions de dinars pour Amen Bank et de -10,9 millions pour l'ATB.

En variation relative, la WIFAK Bank affiche la meilleure progression du PNB grâce à une croissance de +40,9% secondée par ATB avec une évolution de +16,3%.

Les charges opératoires (salaires et charges générales d'exploitation sans tenir compte des amortissements) des banques cotées ont évolué en 2020 de 37,8 millions de dinars (+1,8%), soit à un rythme moins rapide que celui du PNB en absolu (+54,5 millions de dinars), mais plus élevé en relatif (+1,1%). Cette évolution cache une disparité entre les banques. Ainsi, les charges opératoires ont augmenté notamment pour UIB, Attijari bank et ATB mais elles ont baissé pour BH, BNA et UBCI.

Au final, le Résultat Avant Impôts, Provisions et Amortissements (RAIPA) des banques cotées a légèrement augmenté de 0,6% atteignant les 2,88 milliards de dinars en 2020 et ce, après une croissance à deux chiffres en 2018 et 2019 respectivement de 18,1% et 17,2%. Le RAIPA de la WIFAK Bank bascule dans le vert passant de -3 millions de dinars en 2019 à +5,1 millions en 2020.

La BNA enregistre la meilleure progression, en absolu, avec un accroissement de son RAIPA de 35,1 millions de dinars (+9,3%) secondée par l'ATB (+29,4 millions de dinars, +37,6%) et la BH Bank (+21,7 millions de dinars, +7,2%). A contrario, la BIAT voit son RAIPA se tasser de 28 millions de dinars (-4,7%), tout comme l'UIB dont le RAIPA recule de 27,7 millions de dinars (-11,5%).

Il est à noter que ces performances ne tiennent pas compte du coût du risque, dont l'impact en 2020 pourrait sensiblement bousculer l'atterrissage final de l'année 2020, surtout pour les banques les plus exposées au secteur de " Services d'hôtellerie et de restauration " dont la valeur ajoutée, selon l'INS, aux neuf premiers mois de l'année 2020 a chuté de 42,7%.

Enfin, l'analyse des chiffres des banques relatifs à l'exercice 2020 devrait s'appuyer sur les états financiers audités qui seront publiés prochainement et qui permettront de dévoiler le traitement par les banques des intérêts des crédits reportés en application des circulaires de la BCT et d'analyser la cohérence entre le compte de résultat et l'état de flux de trésorerie.



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