Les derniers chiffres de l'Institut National de la Statistique (INS) révèlent une accélération de la hausse des prix à la consommation. Porté par une envolée des prix de l'alimentation et de l'habillement, le taux d'inflation atteint désormais 5,5 %.

Après une période de relative accalmie, la pression sur le pouvoir d'achat des ménages s'intensifie. L'inflation globale a grimpé à 5,5 % en avril 2026, contre 5 % en mars et février, une progression principalement alimentée par deux secteurs clés.
Le groupe " Alimentation " a vu son rythme de progression s'accélérer nettement, passant de 6,8 % en mars à 8,2 % en avril.
Cette hausse est marquée par une flambée spectaculaire de certains produits frais, à savoir les fruits frais (+19,2 %), la volaille et la viande d'agneau (+16,1 %), les légumes frais (+13,5 %) et la viande bovine (+12 %).
Seules lueurs d'espoir pour le panier de la ménagère, les prix des huiles alimentaires et des œufs enregistrent des baisses respectives de 6,8 % et 4,4 %.
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Habillement et Services : des tendances contrastées
Le secteur de l'habillement et des chaussures affiche une hausse de 9,3 %, contre 7,5 % le mois précédent, pesant lourdement sur le budget des familles à l'approche de la saison estivale.
Du côté des services, si la hausse globale est de 4,2 %, on note une explosion de 14,6 % pour les services d'hébergement.
À l'inverse, le secteur des transports offre une bouffée d'oxygène avec un ralentissement de la hausse des prix, s'établissant à 2,2 % contre 2,8 % en mars.
Une inflation " structurelle " qui s'installe
L'inflation sous-jacente, qui exclut les produits alimentaires et l'énergie pour mesurer la tendance de fond de l'économie, est également en progression, s'élevant à 4,8 % (contre 4,6 % en mars).
Le rapport de l'INS met enfin en lumière un fossé grandissant entre les produits dont les prix sont fixés par l'État (+1%) et ceux soumis à la loi du marché (+6,8%).
L'écart est encore plus frappant dans le secteur alimentaire, où les prix des produits non encadrés ont bondi de 9,3 %, alors que les produits administrés sont restés quasi stables (+0,2 %).
Cette disparité souligne la difficulté de réguler les prix face à des marchés de produits frais de plus en plus volatils.
Omar EL Oudi
Publié le 05/05/26 17:50




