
Pour le deuxième mois consécutif, le taux d'inflation en Tunisie se stabilise à 5 % en mars. Si ce statu quo global semble rassurant, il cache des disparités sectorielles marquées, notamment une pression persistante sur le panier de la ménagère.
Le maintien de l'inflation à son niveau de février résulte d'un équilibre fragile entre plusieurs secteurs. D'un côté, certains groupes de produits ont connu une accélération notable de leurs tarifs.
Selon les données de l'INS, les prix de l'alimentation grimpent de 6,8 % (contre 6,7 % en février), ceux de l'hôtellerie et la restauration affichent une hausse de 6,2 % tandis que les prix des services de transport bondissent de 2,8 %.
À l'inverse, le secteur de l'habillement et des chaussures a joué le rôle de régulateur, voyant son rythme de progression ralentir significativement, passant de 8,9 % à 7,5 % en un mois.
Le "frais" fait flamber la note alimentaire
C'est sans surprise l'alimentation qui reste le principal moteur de la hausse des prix. En glissement annuel, les produits frais affichent des augmentations à deux chiffres qui pèsent lourdement sur le budget des foyers.
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Cette hausse a concerné les fruits frais (+17,1 %), les volailles (+16,7 %), les viandes d'agneau (+14,3 %) et les poissons frais (+12,3 %). Seule lueur d'espoir dans les rayons, les huiles alimentaires dont les prix ont enregistré une baisse bienvenue de 7,3 %.
Manufactures et Services : l'hébergement en forte hausse
Du côté des produits manufacturés (+4,3 %), la hausse est principalement tirée par les vêtements et l'entretien ménager (+4,9 %).
Dans les services, si la moyenne s'établit également à 4,3 %, le secteur de l'hébergement se distingue avec une envolée spectaculaire de 14,7 % sur un an.
Zoom sur l'inflation sous-jacente
L'inflation dite " sous-jacente ", qui exclut les produits alimentaires frais et l'énergie pour donner une vision plus structurelle de l'économie, reste stable à 4,6 %.
Enfin, l'écart entre le secteur libre et le secteur régulé demeure frappant. Les prix des produits non encadrés augmentent de 6,1 %, portés par une hausse de 7,7 % pour les produits alimentaires libres.
En revanche, les produits à prix encadrés par l'État font preuve d'une grande stabilité avec une progression contenue à 1,2 % (et seulement 0,2 % pour l'alimentaire encadré).
Omar EL Oudi
Publié le 07/04/26 18:08




