Derrière l'envolée des prix du pétrole, ce sont toujours les tensions entre l'Iran et les États‑Unis qui dictent le marché. Les investisseurs anticipent un risque réel de perturbation de l'offre mondiale.

Pour le troisième jour consécutif, les cours du pétrole ont poursuivi leur progression, atteignant leur plus haut niveau depuis près de six mois.
Ce mardi, le baril de Brent a franchi la barre des 72 dollars, affichant un gain de plus de 6 % sur la semaine. Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) évoluait, de son côté, autour de 67 dollars le baril.
Les marchés pétroliers, particulièrement sensibles au moindre risque sur l'offre, ont immédiatement intégré une nouvelle prime de risque entre les Etats-Unis et l'Iran. Le président américain Donald a affirmé que l'Iran disposait d'un délai de " 10 à 15 jours ", " au maximum ", pour parvenir à un accord sur son programme nucléaire. Dans le même temps, les États-Unis ont renforcé leur dispositif militaire dans la région, alimentant les inquiétudes d'une possible escalade.
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Pour les marchés, toute détérioration de la situation pourrait perturber les exportations iraniennes ou, plus largement, les flux pétroliers au Moyen-Orient, une zone qui concentre une part essentielle de l'approvisionnement mondial.
Le risque d'un choc sur l'offre mondiale
L'enjeu pour le marché pétrolier mondial réside avant tout dans l'impact potentiel sur l'offre. Membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), l'Iran produit plus de 3 millions de barils par jour, soit près de 3 % de la production mondiale.
Ces volumes, majoritairement destinés aux marchés asiatiques, constituent une source d'approvisionnement essentielle dans un contexte où les marges de sécurité restent limitées.
Toute perturbation, qu'il s'agisse d'une intensification des sanctions, d'un ralentissement des exportations ou de dommages aux infrastructures, viendrait immédiatement resserrer l'équilibre entre l'offre et la demande.
Le marché fonctionne aujourd'hui avec des capacités excédentaires concentrées chez quelques producteurs, ce qui le rend particulièrement sensible à tout choc sur un acteur de cette taille. Mais le risque systémique se situe surtout au niveau du détroit d'Ormuz.
Près de 20 % des flux mondiaux de pétrole y transitent chaque jour. Dans un tel contexte, la réaction des prix serait immédiate, les opérateurs intégrant une forte prime de risque face à un choc d'approvisionnement difficilement compensable à court terme
Jihen Mkehli
Publié le 20/02/26 09:01




