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Chine-Afrique : Les échanges commerciaux dépassent les 200 milliards de dollars à fin juin 2026

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À chaque publication de chiffres, le même constat revient : les échanges progressent rapidement, mais la structure du commerce évolue peu. L'Afrique demeure principalement un fournisseur de matières premières, tandis que la Chine domine les exportations de produits manufacturés à plus forte valeur ajoutée.

 

 

Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont atteint 203,54 milliards de dollars au premier semestre 2026, enregistrant une progression de 24 % sur un an, selon les données de l'Administration générale des douanes chinoises.

Entre janvier et juin 2026, les exportations chinoises vers le continent africain ont progressé de 26,2 %, pour s'établir à 130 milliards de dollars. Dans le sens inverse, les importations chinoises en provenance d'Afrique ont également augmenté, de 20,3 %, atteignant 73,5 milliards de dollars sur la même période.

Toutefois, derrière cette croissance record, le déséquilibre structurel de la relation commerciale persiste. L'écart entre les deux flux s'est encore creusé, portant le déficit commercial africain vis-à-vis de la Chine à 56,5 milliards de dollars au cours des six premiers mois de l'année.

Si la hausse des importations chinoises en provenance d'Afrique traduit un renforcement de la demande chinoise pour les ressources et matières premières du continent, la progression plus rapide des exportations chinoises vers l'Afrique souligne la dépendance de plusieurs économies africaines aux produits manufacturés et équipements importés depuis la Chine.

Un partenariat commercial encore marqué par une forte asymétrie

Derrière la croissance des échanges sino-africains, le déséquilibre de la relation commerciale demeure un sujet central. La structure des échanges reste largement favorable à la Chine. Le continent africain exporte principalement des matières premières, tandis qu'il importe des produits manufacturés à plus forte valeur ajoutée.

Les exportations africaines vers la Chine reposent essentiellement sur les ressources extractives, notamment le pétrole, le cuivre, le cobalt, le minerai de fer, la bauxite ou encore le manganèse, des matières premières indispensables à l'industrie chinoise et aux secteurs liés à la transition énergétique.

À l'inverse, les produits chinois vendus sur les marchés africains sont dominés par les équipements industriels, les machines, les appareils électroniques, les véhicules ainsi que les technologies liées aux énergies renouvelables.

Cette composition limite la capacité des économies africaines à capter davantage de valeur ajoutée. En exportant principalement des ressources non transformées, plusieurs pays du continent restent exposés aux fluctuations des cours internationaux des matières premières et créent moins d'emplois industriels que s'ils développaient des capacités locales de transformation.

Pour les économistes, l'enjeu n'est donc plus seulement d'augmenter les volumes d'échanges avec Pékin, mais de favoriser une montée en gamme de la production africaine.

Le risque pour les pays africains est de rester enfermés dans un modèle d'échange où le continent fournit les ressources nécessaires à l'industrie chinoise, avant de racheter des produits finis intégrant une plus grande part de valeur ajoutée.

Ce qui contribue à creuser le déficit commercial africain vis-à-vis de Pékin et alimente les appels à une industrialisation accrue, à la transformation locale des matières premières et au développement de chaînes de production sur le continent.

Face à ces critiques, la Chine a élargi en 2026 son dispositif d'exemption tarifaire pour les produits africains afin de faciliter leur accès à son marché. Depuis le 1er mai 2026, cette politique de suppression des droits de douane a été étendue à l'ensemble des pays africains ayant des relations diplomatiques avec Pékin.

Toutefois, plusieurs analystes estiment que ces mesures, si elles peuvent soutenir certaines exportations agricoles ou industrielles, ne suffiront pas à elles seules à corriger les déséquilibres structurels sans un renforcement des capacités productives africaines.

Jihen Mkehli

 

Publié le 20/07/26 12:59

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