Longtemps absent du portefeuille des principaux clients gaziers algériens, le marché allemand s'ouvre désormais au gaz algérien et prévoit notamment d'augmenter ses importations à partir de 2027.

Après l'Italie et l'Espagne, l'Allemagne devrait accroître ses importations de gaz algérien. Le groupe public Sonatrach et la société allemande VNG AG ont signé un nouvel accord d'approvisionnement en gaz naturel, ouvrant la voie à un renforcement des livraisons à partir de 2027.
L'accord a été signé le 16 juillet 2026 à Berlin entre Sonatrach et VNG AG, en marge de la visite officielle du président algérien Abdelmadjid Tebboune en Allemagne, dans le cadre du renforcement de la coopération énergétique entre les deux pays.
Il vise à consolider les approvisionnements allemands en gaz naturel et à accompagner la stratégie de diversification énergétique de Berlin, qui cherche à réduire sa dépendance à un nombre limité de fournisseurs.
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Avec ce rapprochement, l'Algérie ambitionne d'élargir ses débouchés européens au-delà de ses marchés traditionnels que sont l'Italie et l'Espagne, tandis que l'Allemagne cherche à diversifier ses sources d'approvisionnement dans un contexte de recomposition du marché gazier européen.
L'arrivée progressive de l'Allemagne dans le portefeuille de clients de Sonatrach répond à une nouvelle donne énergétique européenne. Depuis la réduction des approvisionnements russes, Berlin accélère ses efforts pour sécuriser ses importations de gaz auprès de fournisseurs jugés fiables et renforcer la résilience de son approvisionnement énergétique.
Une première livraison historique de GNL algérien en Allemagne
Ce nouvel accord intervient quelques jours après une opération historique pour Sonatrach : la livraison, le 2 juillet 2026, de sa première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) à destination de l'Allemagne.
Le groupe public algérien a acheminé cette cargaison vers le terminal flottant de regazéification Wilhelmshaven 1, sur la côte nord du pays. Le gaz a été produit et liquéfié au complexe GL2Z de Béthioua, près d'Oran, avant d'être transporté par le méthanier Tessala, propriété de Sonatrach.
Cette première livraison marque une nouvelle étape dans l'expansion du gaz algérien en Europe. Elle répond aux besoins croissants de l'Allemagne, qui, depuis la baisse des approvisionnements russes, accélère la diversification de ses sources d'énergie afin de renforcer la sécurité de son approvisionnement.
Jusqu'ici, l'essentiel des exportations algériennes de gaz vers l'Europe était concentré sur l'Italie et l'Espagne, grâce à deux infrastructures : le gazoduc TransMed, qui relie l'Algérie à l'Italie via la Tunisie, et le gazoduc Medgaz, qui connecte directement l'Algérie à l'Espagne.
L'Italie est devenue ces dernières années le principal partenaire gazier européen d'Alger. En 2025, l'Algérie a fourni environ 20 milliards de mètres cubes de gaz naturel à l'Italie via le gazoduc TransMed, représentant près de 32,8 % des importations gazières italiennes sur la période.
L'Espagne demeure également un marché majeur pour le gaz algérien. En 2025, le gaz algérien a représenté environ 34,5 % des importations espagnoles de gaz. Avec l'ouverture progressive du marché allemand, Sonatrach cherche donc à élargir son portefeuille européen, tandis que Berlin tente de renforcer la sécurité de son approvisionnement énergétique dans un contexte de recomposition du marché gazier européen.
Jihen Mkehli
Publié le 21/07/26 08:06




