Le baril retrouve des niveaux élevés sous l'effet des tensions au Moyen-Orient. Le Brent a dépassé les 90 dollars lundi 20 juillet, après une progression de 16 % la semaine précédente,

Les prix du pétrole ont poursuivi leur progression ce lundi 20 juillet 2026, gagnant plus de 2,5 % dans les premiers échanges, après une semaine déjà marquée par une forte hausse.
Le baril de Brent pour livraison en septembre 2026 a bondi de 2,69 % pour atteindre 90,47 dollars, avant de se stabiliser autour de 88,99 dollars en cours de séance. De son côté, le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, pour livraison en août 2026, a progressé de 2,41 % pour s'établir à 84,48 dollars le baril.
Cette nouvelle poussée des cours intervient alors que les tensions militaires entre les États-Unis et l'Iran se sont intensifiées durant le week-end. Plusieurs navires tentant de passer par le détroit d'Ormuz auraient été pris pour cible, tandis que le trafic a fortement ralenti.
Les investisseurs ont également réagi aux informations faisant état d'une attaque visant une infrastructure énergétique au Koweït, allié des États-Unis dans le Golfe.
Le Koweït figure parmi les principaux producteurs de pétrole du Moyen-Orient. Membre de l'OPEP, il produit environ 2,5 millions de barils par jour et dispose de réserves importantes, ce qui fait de ses infrastructures énergétiques un élément important de l'équilibre régional.
La prime de risque dope les cours du brut
La nouvelle flambée des cours reflète également le retour d'une " prime de risque " sur le marché pétrolier. Ce mécanisme désigne le supplément de prix que les investisseurs intègrent lorsqu'ils anticipent une possible perturbation de l'offre mondiale. Dans le contexte actuel, cette prime est principalement liée aux craintes d'une extension du conflit entre les États-Unis et l'Iran, notamment autour du détroit d'Ormuz.
Même en l'absence d'une interruption effective des approvisionnements, les marchés réagissent aux risques potentiels. La menace d'attaques contre les navires, d'un ralentissement du trafic maritime ou d'une dégradation de la sécurité dans le Golfe pousse les opérateurs à anticiper un éventuel choc d'offre et à intégrer cette incertitude dans les prix actuels.
Les perspectives d'évolution des prix restent ainsi largement dépendantes de l'évolution de la situation géopolitique. Une nouvelle escalade militaire impliquant les infrastructures énergétiques de la région ou une perturbation prolongée du détroit d'Ormuz pourrait accentuer la pression sur les cours et rapprocher le Brent de la barre des 100 dollars le baril.
À l'inverse, un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, accompagné d'une sécurisation des routes maritimes, pourrait entraîner un reflux des prix avec la disparition progressive de cette prime géopolitique.
Le Brent avait déjà enregistré une progression de près de 15,9 % au cours de la semaine précédente, sa plus forte hausse hebdomadaire depuis plusieurs mois, tandis que le WTI avait gagné environ 15,5 % sur la même période.
Jihen Mkehli
Publié le 20/07/26 09:02




