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Bank Al-Maghrib accélère la transition vers une économie moins dépendante du cash

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Le Maroc veut accélérer sa sortie progressive du " tout cash ". Pour réduire la dépendance aux espèces, Bank Al-Maghrib a décidé d'abaisser les frais d'interchange monétique domestique, tout en introduisant un taux réduit pour les paiements liés aux services publics numériques et aux commerces de proximité.

 

 

Alors que l'usage des espèces reste fortement enraciné dans les habitudes de paiement au Maroc, Bank Al-Maghrib entend accélérer la modernisation du système monétique national.

La Banque centrale a décidé de réduire les coûts liés aux paiements par carte bancaire afin d'encourager leur adoption par les commerçants et les consommateurs.

À partir du 1er octobre 2026, le plafond des frais d'interchange monétique domestique sera abaissé de 0,65 % à 0,50 % du montant de la transaction. Un taux préférentiel de 0,15 % sera appliqué aux paiements liés aux services publics numériques ainsi qu'aux opérations effectuées auprès des commerces de proximité.

Cette réduction vise à diminuer le coût d'acceptation des paiements électroniques pour les professionnels, notamment les petits commerçants, et à favoriser une utilisation plus large de la carte bancaire dans les transactions quotidiennes. L'objectif est de réduire progressivement la dépendance à l'argent liquide et d'accélérer la digitalisation des paiements au Maroc.

Les fintechs appelées à accélérer la transition vers le paiement digital

Pour accompagner cette transformation, Bank Al-Maghrib compte également sur le rôle des fintechs, considérées comme un levier essentiel pour réduire la dépendance à l'argent liquide.

La Banque centrale encourage le développement de solutions numériques innovantes capables de répondre aux défis liés à la forte circulation du cash et au faible recours aux paiements électroniques, notamment auprès des populations et des petits commerces encore peu intégrés dans l'écosystème digital.

Malgré les avancées enregistrées dans la digitalisation des services financiers, le Maroc reste encore largement dépendant des espèces. La circulation fiduciaire a atteint 511,2 milliards de dirhams à fin mars 2026, soit environ 52,5 milliards de dollars, selon les données disponibles.

Ce niveau élevé témoigne du poids important du cash dans l'économie nationale, utilisé aussi bien pour les transactions quotidiennes que comme moyen d'épargne informelle par une partie de la population.

Cette forte préférence pour les espèces s'explique notamment par plusieurs facteurs : l'importance de l'économie informelle, les habitudes de consommation, mais aussi l'accès encore limité aux solutions de paiement numérique dans certaines zones et auprès de certaines catégories d'utilisateurs.

La stratégie de Bank Al-Maghrib ne vise toutefois pas à supprimer brutalement l'argent liquide, mais à favoriser une transition progressive vers des moyens de paiement électroniques plus accessibles.

Jihen Mkehli

 

Publié le 15/07/26 08:54

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