Grâce à une dynamique positive des exportations (+6,2 %) et une légère contraction des importations, la balance commerciale de la Tunisie affiche des signes d'amélioration en ce début d'année. Le taux de couverture gagne plus de cinq points pour s'établir à 79,5 %.
Les chiffres publiés par l'Institut National de la Statistique (INS) pour les deux premiers mois de l'année 2026 confirment une tendance au redressement. Le déficit commercial s'est réduit de 20,8%, passant de 3.517 millions de dinars début 2025 à 2.784 millions de dinars sur la même période cette année.
Le moteur de cette performance réside dans la vitalité des exportations, qui ont atteint 10.803 millions de dinars. Deux secteurs se distinguent particulièrement, à savoir les industries mécaniques et électriques avec une progression robuste de 14,8 %, et l'agro-alimentaire (+6,1 %).
La hausse de ce dernier est portée par le succès continu de l'or jaune tunisien. Les ventes d'huile d'olive ont généré 1.252 millions de dinars, contre 1.007 millions de dinars l'an dernier.
À l'inverse, le secteur des mines et phosphates accuse un repli sévère de 24,6 %, tandis que les exportations énergétiques reculent légèrement, pénalisées par la baisse des ventes de pétrole brut.
Une maîtrise relative des importations
Du côté des achats à l'étranger, la tendance est à la stabilité avec une légère baisse de 0,7 % à 13.587 millions de dinars.
Si les importations de matières premières ont chuté de 6 %, d'autres postes restent en hausse comme les produits alimentaires (+2,6 %), les biens de consommation (+2,3 %) et l'énergie (+1,7 %).
L'Europe reste le partenaire clé de la Tunisie
L'Union Européenne concentre toujours l'essentiel des échanges (72,1 % des exportations). La France (+15,7 %) et l'Allemagne (+9,9 %) boostent les ventes tunisiennes, compensant le recul observé vers l'Italie ou les Pays-Bas.
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Sur le plan régional, les résultats sont contrastés. Si les exportations vers l'Égypte (+76,4 %) et l'Arabie Saoudite (+68,9 %) s'envolent, le commerce avec les voisins maghrébins (Algérie, Libye, Maroc) enregistre des baisses significatives. Concernant les importations hors-UE, on note un désengagement marqué vis-à-vis de la Russie (-59,7 %) et de la Chine (-18,1 %).
Le défi persistant de la facture énergétique
Malgré l'amélioration globale, l'énergie demeure le "trou noir" de la balance commerciale. Le déficit énergétique s'est creusé pour atteindre 1.886 millions de dinars, représentant plus de 67 % du déficit total.
En conclusion, si l'excédent de la balance alimentaire (+489,7 millions de dinars) et la reprise industrielle offrent une bouffée d'oxygène à l'économie nationale, la dépendance énergétique reste le principal frein à un équilibre durable des échanges extérieurs.
Omar EL Oudi
Publié le 12/03/26 12:31




