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L’Algérie lance les travaux de son Projet de Phosphate Intégré de 6 milliards de dollars

Les travaux d'un vaste complexe intégré, dont le coût global a été historiquement estimé à 6 milliards de dollars, viennent d'être lancés dans l'est du pays.

 

 

L'Algérie vient de lancer les travaux d'un vaste projet intégré destiné à transformer le phosphate extrait localement en engrais et produits chimiques, avec l'ambition de renforcer sa production destinée au marché national et aux exportations.

La première pierre du complexe de transformation chimique du phosphate et de production d'engrais a été posée le 24 septembre à Oued Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras. Le même jour, les travaux du complexe d'extraction et d'enrichissement du phosphate ont été lancés à Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa.

Le dispositif sera complété par des infrastructures portuaires au niveau du port d'Annaba. Le projet intégré dans son ensemble a été historiquement chiffré à environ 6 milliards de dollars.

Une chaîne intégrée de l'extraction à la production d'engrais

Le projet repose ainsi sur une chaîne intégrée allant de l'extraction du phosphate à sa transformation chimique, en passant par son transport ferroviaire et son acheminement vers les marchés. À Oued Kebrit, le complexe doit notamment produire des engrais phosphatés et azotés, ainsi que plusieurs produits intermédiaires, dont l'acide sulfurique, l'acide phosphorique et l'ammoniac.

 

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Dans sa première phase, le complexe prévoit une capacité d'environ 2,4 millions de tonnes d'engrais phosphatés par an et 570.000 tonnes d'engrais azotés par an.

À terme, le projet intégré doit atteindre environ 4 millions de tonnes d'engrais phosphatés et azotés par an, en plus de la production de phosphate enrichi et de produits chimiques intermédiaires.

Sonatrach et des partenaires étrangers aux commandes

Le projet est porté par Sonatrach et Algerian Fertilizer Company (AFC). Les deux groupes ont signé, le 12 août 2026, deux contrats EPC pour sa première phase. Le premier a été confié au groupe italien Saipem et porte sur les installations de transformation et de production d'engrais à Bled El Hadba et Oued Kebrit.

Le second, attribué au chinois China Harbour Engineering Company (CHEC), concerne les infrastructures portuaires d'Annaba.

Saipem réalisera les installations industrielles avec la participation de plusieurs entreprises algériennes, tandis que CHEC prend en charge les infrastructures portuaires. Cette organisation doit permettre de relier les différents maillons du projet, depuis la mine de Bled El Hadba jusqu'au port d'Annaba.

Une chaîne logistique de 422 km

Le projet ne repose pas uniquement sur les unités minières et chimiques. Une ligne ferroviaire de 422 kilomètres reliant Bled El Hadba, Souk Ahras et Annaba doit assurer le transport du phosphate et des produits transformés entre les différents pôles.

Le port d'Annaba constitue le dernier maillon de cette chaîne. Ses installations doivent permettre de réceptionner et de charger le phosphate enrichi, les engrais et les produits connexes avant leur expédition vers les marchés nationaux, régionaux et internationaux.

Les autorités algériennes visent une première production de phosphate enrichi au premier trimestre 2027. La production d'engrais doit, pour sa part, démarrer au quatrième trimestre 2027. À terme, l'objectif est de développer une filière intégrée allant de l'extraction du minerai à la production d'engrais et à leur exportation, afin d'accroître la transformation locale du phosphate et de diversifier les revenus hors hydrocarbures.

Jihen Mkehli

 

Publié le 29/09/26 11:05

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