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Après l'appel à financement sur le phosphate, la DFC américaine s'invite à Tunis

Le phosphate, les mines et l'énergie tunisienne suscitent l'intérêt du bras financier américain. Une délégation de la DFC a été reçue à Tunis pour discuter de nouvelles opportunités d'investissement.

 

 

Le bras financier international du gouvernement américain s'intéresse de plus près aux opportunités d'investissement en Tunisie dans l'énergie et les ressources minières.

Une délégation de la Development Finance Corporation (DFC) a été reçue, le 25 septembre à Tunis, par le secrétaire d'État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, pour examiner les possibilités de nouveaux projets dans l'énergie, les hydrocarbures, les énergies renouvelables et les mines.

La délégation était composée de Susan Waage, directrice des projets de développement à la DFC, et de Kate Lahnstein, adjointe au conseiller général, selon un communiqué publié par le ministère de l'Industrie, des Mines et de l'Énergie le 25 septembre.

Côté tunisien, Omar Bouzouada, PDG de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et du Groupe chimique tunisien (GCT), Mohamed Ben Salem, directeur général de l'Office des mines, ainsi que des représentants de la STEG et du ministère ont pris part aux discussions. Une composition qui donne déjà un aperçu des secteurs au cœur des échanges.

Aucun projet ni montant de financement n'a été annoncé à l'issue de cette rencontre. Les deux parties ont toutefois convenu de poursuivre les consultations afin d'identifier de nouveaux projets et de créer les conditions nécessaires au développement de la coopération économique et de l'investissement.

Washington a déjà ciblé le phosphate tunisien

C'est toutefois le dossier du phosphate qui donne un relief particulier à la rencontre de septembre. Début août, le Département d'État américain et l'ambassade des États-Unis à Tunis ont lancé une opportunité de financement baptisée " Safeguarding U.S. Critical Minerals Supply Chains – Tunisia ".

Le programme vise explicitement à soutenir les investissements privés dans le développement du phosphate tunisien, à améliorer la transformation en aval et à renforcer les liens commerciaux avec des partenaires américains et alliés.

 

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L'enveloppe prévue est comprise entre 1 million et 1,5 million de dollars, pour un programme de 18 à 24 mois. Mais le montant de la subvention n'est pas le principal enjeu. Washington veut surtout utiliser ce dispositif pour mobiliser plus de 100 millions de dollars de capitaux privés américains autour du développement du phosphate tunisien et favoriser une participation américaine de 30 à 40% au capital de PhosCo, société australienne qui développe le projet phosphatier du bassin minier du Nord-Ouest.

Le programme prévoit également entre 15 et 25 millions de dollars d'exportations américaines d'équipements et le soutien à 75 à 125 emplois manufacturiers aux États-Unis.

Le dispositif américain cible directement le projet Gasaat, à Kasserine. PhosCo, via sa filiale Himilco Resources, détient depuis mars 2025 un permis d'exploration de 112 km² et a annoncé une ressource de 166,6 millions de tonnes de phosphate à une teneur moyenne de 20,6% en P₂O₅, selon le standard JORC.

Le programme prévoit aussi d'examiner des accords d'approvisionnement à long terme, les possibilités de transformation du phosphate et l'utilisation de standards américains pour certains équipements et procédés.

Une présence déjà installée en Tunisie

La venue de la délégation ne constitue pas une première pour la DFC en Tunisie. L'institution américaine est déjà présente dans le pays à travers plusieurs opérations de financement et de garantie, notamment dans le soutien aux PME.

En 2022, la DFC avait approuvé une garantie de portefeuille de 22,75 millions de dollars au profit de l'Arab Tunisian Bank (ATB), destinée à mobiliser des prêts en monnaie locale pour les petites et moyennes entreprises tunisiennes, avec une attention particulière aux régions de l'intérieur.

Elle avait également mis en place une garantie de portefeuille de 13 millions de dollars en faveur d'Advans Tunisie afin de soutenir le financement des microentreprises.

La présence de la DFC apparaît encore dans son rapport annuel 2025. L'institution recense cinq projets faisant l'objet d'un suivi d'impact en Tunisie. Ceux-ci représentaient notamment 1,1 million de dollars de services financiers destinés au secteur agricole, 329.471 clients servis et 1.508 emplois associés aux projets concernés.

La DFC peut intervenir sous plusieurs formes, allant des prêts et garanties de crédit aux prises de participation et à l'assurance contre les risques politiques. Son rôle est précisément de mobiliser des capitaux privés autour de projets qu'elle considère comme stratégiques.

Jihen Mkehli

 

Publié le 29/09/26 11:33

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