Alors que députés et sénateurs s'affrontent pour trouver un compromis sur le budget 2026, la dette française grimpe à un record historique de 117,4 % du PIB.
La dette de l'État français atteint 117,4 % du produit intérieur brut (PIB), un niveau jamais vu, selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). En trois mois seulement, elle a gonflé de 65,9 milliards d'euros, pour frôler les 3 482 milliards d'euros fin septembre, dépassant le précédent pic enregistré au deuxième trimestre.
Cette envolée place la France au plus près de son record historique du premier trimestre 2021, en pleine crise sanitaire, où le ratio dette/PIB culminait à 117,8 %. Selon les prévisions, cette tendance pourrait se poursuivre, avec un cap des 120 % largement franchi d'ici 2027, si aucune mesure structurelle n'est prise. Un scénario qui pourrait rapprocher le pays du niveau d'endettement de l'Italie (près de 138 %), même si Rome suit actuellement une trajectoire à la baisse.
Cette aggravation de la dette résulte de plusieurs facteurs conjugués : les plans de soutien massifs post-Covid, une croissance économique moins dynamique que prévu, mais aussi l'impact des taux d'intérêt qui renchérissent le coût du service de la dette.
Dette record et bras de fer politique
L'annonce du nouveau record de la dette publique intervient au moment précis où sept députés et sept sénateurs sont réunis en commission mixte paritaire pour solder le budget 2026. Leur mission est simple en théorie, mais presque impossible dans la pratique : trouver un compromis sur le projet de loi de finances, dans l'espoir, au moins, d'identifier des leviers pour freiner le déficit public, qui reste l'un des plus élevés de la zone euro.
La scène politique est actuellement très tendue. Le gouvernement de Sébastien Lecornu, minoritaire depuis les élections législatives anticipées de 2024, doit composer avec des majorités fragiles et des lignes politiques profondément divergentes. Au Sénat, une version du budget a été adoptée qui, loin de réduire le déficit, se creuse légèrement par rapport aux objectifs initiaux du gouvernement.
Si cette commission mixte échoue à réconcilier les textes de l'Assemblée et du Sénat, le pays pourrait être obligé de recourir à une “loi spéciale” ou à des mesures d'urgence pour prolonger le budget 2025, un bricolage fiscal qui pèserait encore sur les comptes publics.
Selon les analystes, si aucune voie médiane n'est trouvée, le risque d'un blocage budgétaire avant la fin de l'année est réel, avec des conséquences directes sur la gestion de l'État et les marchés financiers.
Jihen Mkehli
Publié le 19/12/25 12:00




