L'administration Trump a dévoilé une nouvelle grille de droits de douane qui conditionne désormais l'accès au marché américain au respect de normes liées à la lutte contre le travail forcé, avec des répercussions directes pour plusieurs partenaires arabes.
L'administration du président Donald Trump a annoncé, jeudi 23 juillet, une nouvelle architecture tarifaire visant les importations en provenance de ses principaux partenaires commerciaux. Entrée en vigueur ce vendredi 24 juillet, cette mesure remplace immédiatement le tarif douanier universel temporaire de 10 %, instauré après l'annulation par la Cour suprême américaine des droits de douane " réciproques " imposés en 2025.
Le nouveau dispositif repose sur la Section 301 du Trade Act de 1974, qui autorise Washington à prendre des mesures commerciales contre des pratiques jugées déloyales. Il prévoit des droits de douane de 10 % ou 12,5 % sur les importations provenant de 60 économies, représentant plus de 80 pays et 99,4 % des importations américaines.
Plusieurs produits stratégiques, notamment le pétrole, le gaz, certains produits agricoles, les engrais et les marchandises déjà couvertes par d'autres régimes tarifaires, restent toutefois exemptés.
La quasi-totalité des pays arabes soumise au taux maximal
La nouvelle grille tarifaire américaine touche également une grande partie du monde arabe. Onze pays arabes seront soumis à un droit de douane additionnel de 12,5 % sur leurs exportations vers les États-Unis.
Sont concernés l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Koweït, le Qatar, Oman, l'Égypte, l'Irak, l'Algérie, la Libye et le Maroc. À l'inverse, la Jordanie est le seul pays arabe à bénéficier du taux réduit de 10 %, les autorités américaines estimant que le pays a engagé des mesures plus avancées pour lutter contre les importations issues du travail forcé.
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Washington explique avoir évalué les dispositifs législatifs et les mécanismes de contrôle mis en place par chaque économie afin de prévenir l'importation de biens fabriqués à l'aide du travail forcé.
Dans ce cadre, les économies jugées insuffisamment engagées dans l'application de ces normes se voient appliquer un droit de douane de 12,5 %. En revanche, celles ayant adopté des dispositions législatives ou réglementaires dans ce domaine, même si leur mise en œuvre est considérée comme incomplète par l'administration américaine, bénéficient d'un taux réduit de 10 %.
L'accès au marché américain désormais conditionné
Pour justifier cette nouvelle offensive commerciale, le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) affirme avoir mené, depuis mars 2026, une enquête approfondie sur les politiques commerciales de ses partenaires. L'objectif affiché était d'évaluer les mesures prises par les différentes économies pour empêcher l'entrée sur le marché américain de marchandises produites à partir du travail forcé.
Cette enquête, qui a donné lieu à deux séries d'auditions publiques, à la réception de plus de 2 100 contributions et à des consultations avec plus de 45 gouvernements, a conclu qu'aucune des économies examinées n'avait mis en place, selon Washington, des dispositifs jugés suffisamment efficaces pour prévenir ces importations.
Washington affirme vouloir à la fois lutter contre le travail forcé et rétablir des conditions de concurrence plus équitables pour les entreprises américaines.
Le taux majoré de 12,5 % ne concerne d'ailleurs pas uniquement les économies émergentes. Plusieurs pays développés figurent également parmi les partenaires visés, notamment le Japon, la Corée du Sud, la Suisse, la Norvège, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et Singapour.
Toutefois, certains secteurs stratégiques échappent à cette nouvelle vague tarifaire. Les importations de carburants, de produits alimentaires et d'engrais sont exemptées de ces droits additionnels.
Jihen Mkehli
Publié le 27/07/26 08:24




