ilboursa arabic version ilboursa

Banque mondiale : Le conflit au Moyen-Orient assombrit davantage les perspectives régionales

 

Le conflit qui a débuté en février 2026 continue d'imposer de lourds coûts économiques au Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord, de l'Afghanistan et du Pakistan (MENAAP), selon le dernier bulletin économique du Groupe de la Banque mondiale pour la région.

Contrairement aux chocs énergétiques précédents, qui profitaient généralement aux exportateurs de pétrole, la fermeture du détroit d'Ormuz a fait payer un tribut plus lourd aux pays exportateurs de pétrole du Golfe.

Selon le rapport Combler les fossés, saisir les opportunités : l'intelligence artificielle, les emplois et la croissance même si le conflit ralentit la croissance, de nouvelles opportunités continuent d'apparaître. C'est notamment le cas dans le domaine de l'intelligence artificielle, qui pourrait accroître la productivité dans jusqu'à 20 % des emplois de la région.

La production régionale devrait se contracter de 2,1% en moyenne en 2026, après une expansion de 3,3 % en 2025. Les répercussions s'étendent au-delà du choc énergétique, ébranlant les secteurs du tourisme, de l'aviation et de la logistique, tandis qu'une grande incertitude pèse sur les marchés financiers et mine la confiance des entreprises.

L'impact économique a été plus sévère parmi les exportateurs de pétrole touchés par la fermeture du détroit d'Ormuz, où la baisse des volumes d'exportation se traduisant par des pertes substantielles de production et de recettes publiques. Les économies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) devraient se contracter de 4,3 % en moyenne.

En revanche, les pays importateurs de pétrole de la région sont restés relativement résilients, avec une croissance projetée à 4,3 % en 2026, contre 3,9 % en 2025.

 

▐ Lire aussi : Philippe Dessertine : " La vraie souveraineté numérique n'existe pas, il faut penser en termes de pouvoir et contre-pouvoir "

 

Les pressions inflationnistes s'intensifient dans une grande partie de la région, principalement sous l'effet de la hausse des prix alimentaires, les perturbations du transport maritime augmentant les coûts d'importation et mettant à rude épreuve les chaînes d'approvisionnement.

Dans les économies fragiles et touchées par les conflits, le choc aggrave des vulnérabilités de longue date. La pauvreté se concentre de plus en plus dans ces économies, et la région MENAAP reste la seule au monde où les niveaux de pauvreté ont augmenté au cours des 10 dernières années, alors qu'ils reculaient partout ailleurs.

Si le conflit s'atténue d'ici la fin 2026, la croissance régionale hors Iran devrait rebondir à 7,8 % en 2027, portée principalement par la reprise de la production et des exportations d'hydrocarbures. Toutefois, une reprise régionale n'est pas garantie et nécessitera des efforts soutenus de la part des autorités. Les infrastructures endommagées, les investissements différés et l'épuisement des marges budgétaires pourraient continuer à peser sur la croissance bien après que le choc immédiat se sera dissipé.

Alors que les décideurs politiques font face aux conséquences immédiates du conflit et des perturbations économiques, la région doit également se préparer à une deuxième transformation, de plus long terme : la montée en puissance de l'intelligence artificielle. La région connaît non pas une, mais plusieurs transformations qui se déploient à des vitesses différentes, selon le rapport.

 

▐ Lire aussi : Quelles sont les économies africaines les plus sûres en 2026 ?

 

L'effet principal de l'IA dans la région MENAAP sera vraisemblablement l'augmentation de la productivité plutôt que des pertes d'emplois dues à l'automatisation. Alors que moins de 10 % des emplois de la région sont exposés à un risque d'automatisation à court terme, entre 13 et 20 % présentent un potentiel d'augmentation significatif, permettant d'accroître la productivité des travailleurs et des entreprises capables d'utiliser ces outils efficacement.

Concrétiser les promesses de l'IA nécessitera cependant de combler des lacunes structurelles, notamment la sous-représentation des langues et des données de la région dans les systèmes d'IA mondiaux, la faible utilisation des outils d'IA et le déficit de capital fondateur concernant à la fois le capital humain et les infrastructures. Le faible dynamisme du secteur privé constitue aussi un frein important.

La collaboration régionale dans le domaine de l'IA est présentée dans le rapport comme une opportunité majeure pour la région MENAAP, des pays leaders en matière d'IA comme l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pouvant partager leur expérience dans le développement de modèles et la gouvernance, les pays à revenu intermédiaire apportant talents et données locales, et les économies plus vulnérables adoptant la " petite IA ", des outils pas chers, conçus pour fonctionner sur des appareils mobiles basiques, dans le but d'améliorer les services de base et de soutenir les entreprises locales.

Publié le 07/10/26 10:23

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

FE-7lwpY_NkrBDzUx2RIM9AM4jGVqK3C5dQfa9JqUps False