ilboursa arabic version ilboursa

Le Brent dépasse les 100 dollars malgré l’amélioration des approvisionnements

Le Brent repasse au-dessus des 100 dollars le baril, malgré la reprise progressive des exportations de brut au Moyen-Orient. 

 

 

Le Brent évoluait mardi 6 octobre 2026 au-dessus de 100 dollars le baril, alors que le marché commence pourtant à voir revenir une partie des volumes perturbés par le conflit dans la région.

Le Brent a atteint environ 100,39 dollars le baril mardi matin, après avoir reculé la veille sous l'effet de la remontée des exportations régionales et de l'annonce par le G7 d'une nouvelle mise à disposition de stocks d'urgence. Le WTI évoluait, lui, autour de 88,4 dollars.

Les données de transport montrent que les exportations de brut du Moyen-Orient ont nettement progressé. Les volumes expédiés depuis la région, hors Iran, ont retrouvé plus de 81 % de leurs niveaux d'avant-guerre en septembre, soutenus notamment par la production saoudienne et koweïtienne.

Certains jours de la dernière semaine de septembre, les exportations régionales ont même dépassé leur niveau d'avant le conflit.

 

▐ Lire aussi : L'Algérie construira une centrale électrique de 1.400 MW en Tunisie

 

Cette amélioration contribue à réduire les craintes d'une pénurie immédiate. Elle ne suffit toutefois pas à ramener le marché à la situation qui prévalait avant le conflit. Les attaques contre des navires et les risques autour du détroit d'Ormuz continuent de maintenir une prime de risque sur les cours.

Le G7 intervient pour desserrer la pression

Face aux tensions sur les marchés énergétiques, les pays du G7 ont annoncé la mise à disposition de 100 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers provenant de leurs réserves d'urgence. Une partie importante des premiers volumes devrait être constituée de diesel, dont les prix ont fortement augmenté aux États-Unis.

Cette décision devrait contribuer à améliorer temporairement l'offre disponible sur le marché et à limiter les tensions sur les prix des carburants. Elle ne règle toutefois pas les difficultés logistiques liées au conflit et à la circulation des navires dans la région.

D'autant que les stocks mondiaux ont déjà été fortement sollicités depuis le début de la crise. Leur utilisation réduit mécaniquement la marge de manœuvre dont disposent les principaux consommateurs en cas de nouvelle rupture d'approvisionnement.

Le marché reste ainsi particulièrement sensible à la possibilité d'une nouvelle perturbation des flux, alors que le transport du brut est devenu plus coûteux et plus complexe.

L'Opep+ maintient ses objectifs de production

Dans ce contexte, l'Opep+ a décidé dimanche de maintenir inchangés ses objectifs de production pour novembre. Les principaux producteurs du groupe, dont l'Arabie saoudite, la Russie, l'Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l'Algérie et Oman, doivent se retrouver le 1er novembre pour réévaluer la situation du marché.

Le choix de ne pas augmenter davantage la production intervient alors que les prix du brut restent élevés, mais que les flux commencent à se rétablir. Il traduit aussi la prudence des producteurs face à une situation géopolitique encore très incertaine.

La situation actuelle montre surtout que le prix du pétrole ne dépend plus uniquement du nombre de barils disponibles. Même lorsque les volumes remontent, les coûts de transport, les primes d'assurance, l'état des stocks et les capacités de raffinage continuent de peser sur le marché.

La question n'est donc plus seulement de savoir combien de pétrole peut être produit, mais aussi combien de barils peuvent être acheminés en toute sécurité et transformés en carburants. Tant que les risques géopolitiques resteront élevés, le Brent pourrait ainsi rester proche du seuil symbolique des 100 dollars malgré l'amélioration progressive des approvisionnements.

Jihen Mkehli

 

Publié le 06/10/26 10:10

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

K0ZttBXe7rr7zvdL-O5-3cRTA8sr7ZK3lTo4pi2Ol8s False