Maurice prend la tête des économies africaines jugées les moins risquées pour les investisseurs, devant l'Afrique du Sud et l'Égypte. Dans son édition 2026 de l'" An Investor's Guide to Africa ", Bloomberg met en lumière les marchés qui offrent, selon son baromètre, les conditions les plus favorables aux capitaux.
Bloomberg vient de publier l'édition 2026 de son " An Investor's Guide to Africa ", qui évalue les principaux marchés africains selon leur niveau de risque pour les investisseurs.
Publié le 5 octobre 2026, le guide de Bloomberg Businessweek s'intéresse aux secteurs qui concentrent une part croissante des capitaux sur le continent, des minerais critiques aux centres de données, en passant par les engrais, les infrastructures de transport, les énergies renouvelables et le pétrole et le gaz.
Élaboré par Bloomberg Economics, l'" Investment Risk-O-Meter " porte sur 19 économies africaines, la Tunisie ne figurant pas dans la liste retenue.
Le baromètre les évalue à partir de cinq critères susceptibles d'influencer les rendements financiers : la solidité économique, la solidité budgétaire, les institutions et la gouvernance, les infrastructures et la vulnérabilité extérieure.
Maurice détrône l'Afrique du Sud
Maurice occupe la première place avec un score de 0,6, devant l'Afrique du Sud (0,5). L'Égypte, le Ghana, le Botswana et la Côte d'Ivoire suivent, avec chacun un score de 0,3. Le Maroc se classe 7e avec 0,2, devant le Nigeria, à 0,1.
Le Rwanda, la Tanzanie et le Kenya complètent le Top 10, avec un score nul pour chacun. Derrière, la Namibie affiche -0,1, suivie de l'Éthiopie, de la Zambie, de l'Angola et de l'Ouganda, tous à -0,2. Le Sénégal se classe 17e avec -0,3, devant la RD Congo (-0,5) et le Mozambique (-0,8).
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Au total, les 19 économies retenues représentent environ un tiers de l'économie africaine. Bloomberg précise que les deux tiers des marchés sélectionnés figurent parmi les principales économies du continent, tandis que les autres ont été retenus pour des atouts spécifiques, notamment leurs ressources minières, leurs places financières ou leur potentiel dans le tourisme d'affaires.
Le Nigeria gagne quatre places
L'évolution la plus marquante concerne le Nigeria, qui progresse de quatre places par rapport à l'édition précédente. Bloomberg attribue cette amélioration au renforcement de sa solidité économique et budgétaire ainsi qu'à une réduction de sa vulnérabilité extérieure.
À l'inverse, le Botswana recule de deux places, pénalisé par une dégradation de ses perspectives de croissance. L'Afrique du Sud, qui occupait la première position l'an dernier, cède également un rang, sous l'effet d'une perspective de croissance légèrement moins favorable.
Bloomberg souligne néanmoins que les niveaux de risque restent très différents d'un marché africain à l'autre. Le classement ne vise pas à établir une hiérarchie exhaustive des économies du continent, mais à donner une indication des marchés où les investisseurs peuvent être amenés à exiger une prime de risque plus ou moins élevée.
Les minerais critiques concentrent les capitaux
Bloomberg identifie les minerais critiques et les centres de données parmi les principales opportunités d'investissement en Afrique. Le continent disposerait d'environ 29.500 milliards de dollars de ressources minières, dont près de 8.600 milliards restent encore inexploités, selon l'Africa Finance Corporation.
La demande croissante en lithium, cuivre, nickel et autres minerais stratégiques pousse notamment les États-Unis, la Chine, l'Europe et les investisseurs privés à diversifier leurs sources d'approvisionnement. Bloomberg estime à 600 milliards de dollars les nouveaux investissements nécessaires dans les minerais critiques à l'horizon 2040.
Le guide cite notamment la Zambie pour le cuivre, la RD Congo et la Namibie pour le lithium, la Tanzanie et le Mozambique pour le graphite, ainsi que l'Afrique du Sud et l'Angola pour les terres rares. Le Maroc apparaît également parmi les marchés à surveiller, notamment pour les phosphates et le manganèse.
Les data centers, les engrais et les infrastructures
Les centres de données constituent un autre marché appelé à prendre de l'ampleur. Bloomberg estime que la demande africaine pourrait atteindre jusqu'à 2,2 GW d'ici 2030, contre environ 0,4 GW actuellement. McKinsey évalue à près de 20 milliards de dollars les investissements nécessaires pour accompagner cette progression.
L'Égypte, le Kenya, l'Afrique du Sud et la Tanzanie figurent parmi les marchés à surveiller, tandis que le Nigeria dispose d'un potentiel important à plus long terme. La Côte d'Ivoire, le Sénégal et la RD Congo offrent également des perspectives, mais avec des risques plus élevés liés notamment aux infrastructures et à l'exécution des projets.
Le guide ajoute cette année les engrais et les infrastructures de transport aux secteurs étudiés. L'Afrique subsaharienne importe encore environ 80 % des engrais qu'elle utilise, tandis que le marché africain des engrais pourrait passer de 10 milliards de dollars en 2025 à 12,8 milliards d'ici la fin de la décennie.
Dans les infrastructures, Bloomberg estime à 402 milliards de dollars par an le déficit de financement du développement en Afrique, dont environ 73 % concernent les transports. Les corridors reliant les zones minières aux ports, notamment le corridor de Lobito, ainsi que les grands axes d'Afrique de l'Est et de l'Ouest, constituent à ce titre des marchés particulièrement suivis.
L'énergie reste un secteur stratégique
Les énergies renouvelables figurent également parmi les secteurs prioritaires. Bloomberg prévoit que les capacités solaires, éoliennes et de stockage ajoutées en Afrique subsaharienne atteindront 29 GW en 2030, contre 13 GW en 2025.
Le continent reste toutefois confronté à un déficit d'accès à l'électricité : environ 563 millions de personnes y vivent encore sans accès à l'électricité. Les besoins en financement, les capacités des réseaux et les procédures d'autorisation restent ainsi des facteurs déterminants pour les investisseurs.
Enfin, le pétrole, le gaz et le raffinage conservent une place importante. L'Afrique dépense environ 30 milliards de dollars par an pour importer des produits pétroliers raffinés. Pour Bloomberg, le développement des capacités de raffinage pourrait permettre à plusieurs pays de réduire cette dépendance tout en captant davantage de valeur localement.
Jihen Mkehli
Publié le 07/10/26 08:56




