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La Tunisie parmi les cinq économies africaines les mieux dotées en capacités productives

La Tunisie se classe parmi les cinq économies africaines les mieux dotées en capacités productives, selon la nouvelle édition de l'indice de la CNUCED. Elle se positionne comme le pays d'Afrique du Nord affichant le niveau de capacités productives le plus élevé.

 

 

La CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement) vient de publier une nouvelle génération de son Indice des capacités productives (PCI), qui permet de comparer les économies à travers différentes dimensions de leur potentiel productif.

Cette nouvelle édition élargit sa couverture à 195 économies sur la période 2000-2024, à partir de 43 indicateurs répartis en huit catégories. Elle intègre également plusieurs évolutions méthodologiques et techniques, issues notamment des recommandations du Groupe consultatif statistique et technique de la CNUCED (STAG), réuni à Lisbonne en juin 2025.

Le calcul repose sur une analyse en composantes principales (ACP) pour chacune des huit catégories, puis sur une moyenne géométrique entre elles. La CNUCED précise que le PCI est un indice relatif, destiné à comparer les économies, et qu'il ne doit donc pas être interprété comme un pourcentage ou une mesure absolue des capacités productives.

La Tunisie se classe 99e mondiale

La Tunisie se classe au 99e rang mondial dans l'Indice des capacités productives, avec un score de 47,2. Elle occupe ainsi la 5e place en Afrique et se positionne en tête du classement nord-africain. Sur les dernières années, son score est resté relativement stable, passant de 46,7 à 47,2, avant de revenir à 46,8 puis de remonter à 47,2.

 

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Dans le détail, la Tunisie affiche ses meilleurs résultats dans les technologies de l'information et de la communication (TIC), avec un score de 58,7. Cette catégorie mesure notamment la capacité d'un pays à disposer et à utiliser les infrastructures et services numériques nécessaires à la circulation des données, à l'innovation et à la diffusion des technologies.

Le changement structurel arrive en deuxième position, avec 55,4. Il reflète la capacité de l'économie à déplacer progressivement ses ressources vers des activités plus productives, notamment à travers la transformation de sa structure économique et le développement d'activités à plus forte valeur ajoutée. Le capital humain obtient pour sa part un score de 50,6.

Avec 51 points l'énergie constitue également un point relativement solide. Le PCI évalue ici la capacité de l'économie à disposer d'un approvisionnement énergétique suffisamment fiable et abordable pour soutenir la production, l'investissement et l'adoption des nouvelles technologies.

Les performances sont plus intermédiaires pour les institutions (47,3), le secteur privé (44,5) et le capital naturel (43,5). Le principal point faible de la Tunisie reste toutefois le transport, avec un score de seulement 32,2, nettement inférieur à celui des autres composantes.

Top 10 en Afrique

À l'échelle africaine, Maurice s'impose comme le pays disposant des capacités productives les plus développées, avec un score PCI de 55,0, qui lui vaut le 56e rang mondial. L'île devance les Seychelles, 68e mondiales avec un score de 52,0, l'Afrique du Sud, 70e avec 51,7, et le Cap-Vert, 72e avec 51,5.

La performance mauricienne repose notamment sur la solidité de ses institutions (72,8) et de ses capacités numériques (72,7), auxquelles s'ajoutent de bons résultats dans le changement structurel (61,5) et le transport (65,1).

Après la Tunisie vient le Maroc, 6e en Afrique et 101e mondial. Le Royaume affiche un score légèrement inférieur à celui de la Tunisie dans les TIC (57,4 contre 58,7) et le changement structurel (57,8 contre 55,4), mais reste derrière sur le capital humain (46,5 contre 50,6). Les deux pays présentent également des scores faibles dans le transport, à 32,8 pour le Maroc.

Derrière, le Botswana occupe la 7e place africaine et le 116e rang mondial, avec un PCI de 45,0. La Namibie arrive 8e en Afrique et 122e mondiale, avec un score de 43,4.

L'Algérie se classe 9e africaine et 125e mondiale, avec un PCI de 43,0. Elle bénéficie notamment d'un score élevé dans l'énergie, à 63,0, mais reste pénalisée par ses faibles performances dans les institutions (38,7), le secteur privé (38,5) et surtout le transport (22,0). L'Égypte ferme enfin le Top 10 africain, au 129e rang mondial, avec un score de 42,2. Son meilleur résultat concerne l'énergie (54,7), avec un score de 54,7, suivie du changement structurel (52,7).

Les pays développés dominent le classement mondial

À l'échelle mondiale, le classement est dominé par les économies développées, avec le Danemark en tête. Le pays affiche un PCI de 70,9, devant les États-Unis (70,6), l'Australie (69,9), les Pays-Bas (69,8) et le Royaume-Uni (67,9).

Le Canada et la Nouvelle-Zélande occupent respectivement les 6e et 7e places, suivis de l'Allemagne (8e), des Émirats arabes unis (9e) et de la Belgique (10e).

Ces économies se distinguent par des capacités productives élevées et relativement équilibrées, leur permettant de disposer d'un environnement favorable à la production, à l'investissement, à l'innovation et aux échanges internationaux. Leurs scores sont tous supérieurs à 67.

En bas du classement, le Tchad arrive en 192e position avec un PCI de 21,3, devant la République centrafricaine (193e, 21,2), le Niger (194e, 19,8) et la Somalie, dernière du classement, avec un score de 19,3.

Ces faibles résultats sont notamment liés à des capacités productives limitées dans plusieurs des dimensions évaluées par l'indice, qu'il s'agisse des infrastructures, du capital humain, des technologies, des institutions ou encore du secteur privé.

Jihen Mkehli

 

Publié le 06/10/26 10:17

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