Les deux pays voisins portent un projet conjoint de câble sous-marin, alors qu'ils disposent déjà d'une interconnexion solide via plusieurs infrastructures sous-marines existantes.
L'Algérie et la Tunisie préparent la réalisation d'un nouveau câble sous-marin reliant les deux pays à l'Italie. L'annonce a été faite le 6 juin à Tunis, à l'issue de la 4e session de la Commission technique mixte algéro-tunisienne dans le domaine des télécommunications.
Cette réunion s'est tenue lors de la visite de travail du ministre algérien de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, effectuée à Tunis, et a réuni les représentants des deux pays autour des priorités de coopération numérique.
Selon un communiqué du ministère algérien de la Poste et des Télécommunications, les deux parties ont acté le lancement de réflexions techniques autour de ce futur câble sous-marin, destiné à renforcer les capacités d'interconnexion entre l'Algérie, la Tunisie et les principaux hubs numériques européens, en particulier l'Italie.
L'objectif, d'après le même communiqué, est de diversifier les routes internationales de trafic de données, d'augmenter les capacités de bande passante et de sécuriser les échanges numériques dans un contexte de forte croissance des usages liés au cloud, au streaming et aux services en ligne.
La Tunisie et son intégration aux réseaux méditerranéens
L'Algérie et la Tunisie s'appuient déjà sur un réseau dense de câbles sous-marins reliant les deux rives de la Méditerranée à l'Europe, structurant l'essentiel de leur connectivité internationale.
Du côté tunisien, la connectivité internationale s'appuie sur plusieurs câbles sous-marins reliant le pays à l'Europe, notamment via la France et l'Italie. La Tunisie est aujourd'hui intégrée à plusieurs systèmes méditerranéens majeurs et a longtemps utilisé des infrastructures comme Hannibal ou SEA-ME-WE 4, encore présentes dans l'écosystème national mais progressivement complétées par des solutions plus récentes.
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Le pays occupe également une place centrale dans le projet MEDUSA, un câble sous-marin de nouvelle génération de plus de 8 700 km reliant plusieurs pays méditerranéens. Le système prévoit des points d'atterrissement en Tunisie, notamment à Bizerte, avec une connexion directe vers Marseille.
L'Algérie et ses principales artères de connexion vers l'Europe
Côté algérien, les principales infrastructures reposent sur les câbles ALVAL et ORVAL, qui relient respectivement Alger et Oran à Valence en Espagne. Mis en service en 2020, ces deux liaisons constituent aujourd'hui les principales artères de sortie du trafic Internet algérien vers l'Europe, avec une capacité globale estimée à plusieurs dizaines de térabits par seconde.
L'Algérie dispose également d'autres connexions historiques vers le réseau européen, notamment à travers des systèmes méditerranéens plus anciens comme SEA-ME-WE 4, encore partiellement opérationnel mais progressivement relégué par des infrastructures plus récentes et plus performantes. En complément, le câble MEDEX, opérationnel depuis 2019, assure une liaison entre Annaba et Marseille via une branche du système TE North.
Il est à noter que les câbles sous-marins transportent aujourd'hui plus de 95 % du trafic Internet mondial, ce qui en fait des infrastructures critiques. Toute rupture, saturation ou maintenance sur une liaison peut entraîner des perturbations significatives sur les réseaux nationaux.
Jihen Mkehli
Publié le 08/06/26 13:45




