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Transferts de la diaspora : La Tunisie 9e pays africain bénéficiaire en 2025

En une décennie, les transferts de la diaspora tunisienne ont bondi de 79%, atteignant 3,26 milliards de dollars en 2025. La Tunisie se classe ainsi au 9e rang des pays africains bénéficiaires de ces flux cette année-là.


 

Les transferts de fonds occupent une place importante dans le financement des économies à revenu faible ou intermédiaire. À l'échelle mondiale, les flux ont atteint 728,6 milliards de dollars en 2025, selon le Fonds international de développement agricole (FIDA), une institution spécialisée des Nations unies.

Sur le continent africain, les flux se sont établis à 124,2 milliards de dollars, soit environ 17% du montant transféré vers les pays à revenu faible ou intermédiaire. Sur la période 2016-2025, les transferts à destination de l'Afrique ont ainsi progressé de 86%.

Ces flux restent toutefois fortement concentrés sur quelques économies. Les cinq premiers bénéficiaires africains ont reçu à eux seuls 90,1 milliards de dollars en 2025, soit près de 73% du total continental.

Pour plusieurs pays, les transferts de leur diaspora constituent ainsi une source importante de devises, venant compléter les recettes tirées des exportations, du tourisme ou d'autres sources de revenus extérieurs.

La diaspora, une source de devises pour la Tunisie 

En Afrique, la Tunisie figure parmi les principaux bénéficiaires des transferts de fonds de sa diaspora. Avec près de 3,26 milliards de dollars reçus en 2025, elle se classe au 9e rang des pays africains bénéficiaires, selon les données du FIDA. Sur la période 2016-2025, ces flux ont progressé de 79%.

Rapportés à la taille de l'économie, les transferts représentent environ 6% du PIB tunisien. Ils constituent également une source non négligeable de devises. En 2025, les sommes envoyées par la diaspora équivalaient ainsi à 12% des exportations tunisiennes.

 

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Pour la Tunisie, le poids de ces flux dépasse donc leur seule contribution aux revenus des ménages. Leur régularité en fait aussi une source extérieure de devises, portée par les revenus générés par les Tunisiens établis à l'étranger. Rapportés aux exportations, ces transferts donnent ainsi une mesure supplémentaire de leur importance dans les équilibres extérieurs du pays.

Le FIDA relève par ailleurs un coût moyen de 4,3% pour les transferts effectués via des canaux non bancaires en Tunisie, un indicateur qui renseigne sur le coût supporté par les migrants pour envoyer de l'argent vers le pays.

L'Égypte capte un tiers des transferts africains

Les transferts de fonds en direction de l'Afrique restent dominés par un nombre limité de pays. En 2025, l'Égypte concentre à elle seule 41,5 milliards de dollars, soit 33,41% de l'ensemble des montants reçus par les pays africains. Avec une diaspora de plus de 10 millions de personnes, le pays bénéficie d'un flux financier qui occupe une place centrale dans ses ressources extérieures.

À distance, le Nigeria arrive en deuxième position avec 22,8 milliards de dollars. Le Maroc complète le podium avec 13,66 milliards de dollars. Pour le Royaume, le mouvement est particulièrement marqué sur la dernière décennie : les transferts sont passés de 6,4 milliards de dollars en 2016 à près de 13,7 milliards en 2025, soit plus du double en neuf ans.

 

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Le classement se poursuit avec l'Éthiopie, qui a reçu 7,14 milliards de dollars, puis le Kenya avec 5 milliards. Suivent le Zimbabwe (3,51 milliards), la République démocratique du Congo (3,32 milliards), le Sénégal (3,27 milliards), la Tunisie (3,25 milliards) et le Ghana (2,42 milliards).

L'Algérie fait figure d'exception dans cette progression. Les transferts de fonds ont atteint 1,8 milliard de dollars en 2025, en baisse de 10% par rapport à 2016. Ce recul s'explique notamment par l'écart important entre le taux de change officiel et celui du marché parallèle, qui incite les migrants à privilégier des circuits informels afin de bénéficier de gains de change plus élevés, plutôt que les canaux officiels de transfert. 

L'Asie-Pacifique concentre plus de la moitié des flux 

À l'échelle mondiale, la progression  des transferts de fonds reste toutefois très concentrée géographiquement. L'Asie-Pacifique demeure le principal pôle des transferts, avec 384,9 milliards de dollars reçus, soit 53% du total couvert par le rapport sur la décennie.

L'Amérique latine et les Caraïbes affichent, de leur côté, la plus forte progression sur la période, avec une hausse de 132%, portant les flux à 168,6 milliards de dollars. 

Cinq économies ont ainsi capté à elles seules 338,7 milliards de dollars en 2025, soit 46,48% du total recensé par le FIDA. L'Inde arrive largement en tête avec 150,7 milliards de dollars, devant le Mexique (64,4 milliards), les Philippines (41,6 milliards), l'Égypte (41,5 milliards) et le Pakistan (40,5 milliards).

Derrière ces montants se trouve un réseau migratoire qui concerne désormais plus de 1,3 milliard de personnes dans le monde. Le FIDA estime que 220 millions de migrants et membres de diasporas soutiennent environ 1,1 milliard de proches, ce qui donne aux transferts une portée qui dépasse largement les seuls revenus des ménages.

Près d'un tiers des sommes envoyées, soit environ 233 milliards de dollars, arrivent ainsi dans les zones rurales, où elles contribuent notamment à la consommation, à la résilience financière et aux investissements dans les activités agricoles et rurales.

La structure des transferts évolue également avec la montée du numérique. Plus de la moitié des envois sont désormais initiés via un canal digital, mais le passage intégralement numérique reste encore minoritaire : en 2025, seuls 35% des services mesurés fonctionnaient de manière entièrement numérique, à la fois au départ et à l'arrivée. 

Jihen Mkehli 

 

Publié le 16/09/26 09:56

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