Après avoir atteint un record historique en septembre, les cours du cuivre restent soutenus par les inquiétudes sur l'approvisionnement mondial.

Les craintes concernant l'approvisionnement mondial continuent de soutenir les cours du cuivre. Le cuivre à trois mois coté au London Metal Exchange (LME) progressait vendredi 2 octobre de 0,32 %, à 14.289 dollars la tonne.
Malgré ce rebond, le métal affichait encore un recul de 2,28 % depuis la fin de la semaine précédente, le plaçant sur la voie de sa plus forte baisse hebdomadaire depuis avril.
Cette évolution intervient après un mois de septembre particulièrement instable. Le cuivre avait atteint un record de 14.875 dollars la tonne sur le LME le 10 septembre. Sur l'ensemble du troisième trimestre, le métal a gagné plus de 4 % et reste en hausse d'environ 30 % sur un an.
Le Chili au cœur des préoccupations sur l'offre
Le marché est notamment attentif à la situation au Chili, premier producteur mondial de cuivre. La production chilienne a chuté de 12,8 % sur un an en août. Dans le même temps, les superviseurs de la mine d'Escondida, le plus grand gisement de cuivre au monde, ont rejeté une proposition de contrat collectif, ouvrant la voie à une éventuelle grève après une phase de médiation obligatoire.
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Cette situation intervient après l'arrêt temporaire des opérations d'Escondida à la suite de la mort accidentelle d'un travailleur en septembre. La reprise de l'activité s'est ensuite effectuée progressivement, mais les négociations sociales continuent de maintenir une incertitude sur l'offre future.
La production mondiale fait par ailleurs face à des contraintes plus structurelles. Le secteur doit composer avec le vieillissement des infrastructures minières, la baisse des teneurs des minerais et les difficultés opérationnelles rencontrées sur plusieurs grands sites.
Les stocks chinois atteignent leur plus bas niveau depuis 2024
En Chine, principal consommateur mondial de cuivre, les stocks suivis par le Shanghai Futures Exchange (SHFE) sont tombés à 38.744 tonnes, leur niveau le plus faible depuis janvier 2024. Cette diminution intervient alors que les acheteurs chinois ont reconstitué leurs stocks avant la semaine de congés de la Fête nationale, qui maintient la Bourse de Shanghai fermée jusqu'au 8 octobre.
Les stocks disponibles sur les principales places financières restent toutefois très concentrés. Selon l'International Copper Association Australia, les entrepôts du Comex aux États-Unis détiennent environ 700.000 tonnes de cuivre, contre quelque 290.000 tonnes un an plus tôt, alors que les stocks visibles en Chine et à Londres se sont contractés.
Le dollar limite la hausse des cours
Les tensions sur l'offre ne suffisent toutefois pas à inverser complètement la tendance de la semaine. Le dollar américain a atteint son plus haut niveau depuis 17 mois, rendant le cuivre plus coûteux pour les acheteurs utilisant d'autres devises.
La remontée des rendements obligataires et les inquiétudes persistantes concernant l'inflation et l'endettement public pèsent également sur les perspectives de demande.
À plus long terme, les perspectives restent néanmoins étroitement liées à l'équilibre entre une offre minière difficile à accroître rapidement et une demande soutenue par l'électrification, les infrastructures électriques, les centres de données et les transports.
Plusieurs analyses de marché continuent ainsi d'anticiper un déficit de cuivre en 2026, avec des estimations qui varient selon les hypothèses retenues.
Jihen Mkehli
Publié le 02/10/26 10:38




