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Afrique : La croissance économique atteint 1,6 % au deuxième trimestre 2026

Au deuxième trimestre 2026, le PIB réel du continent a progressé de 1,6 %, soit plus du double de la croissance mondiale, alors que ses besoins annuels de financement dépassent 1.300 milliards de dollars.

 

 

L'économie africaine continue de progresser malgré un environnement mondial moins porteur. Au deuxième trimestre 2026, le PIB réel du continent a augmenté de 1,6 %, contre 0,7 % pour l'économie mondiale, selon les données rapportées par Africanews.

Mais derrière cette croissance, le continent reste confronté à un besoin de financement considérable pour soutenir ses infrastructures et son développement.

La Banque africaine de développement (BAD) estime en effet que l'Afrique doit mobiliser plus de 1.300 milliards de dollars par an pour financer ses objectifs de développement. Un besoin qui contraste avec la faible part du continent dans les flux mondiaux d'investissements directs étrangers : l'Afrique n'a capté qu'environ 4 % des IDE mondiaux en 2025, selon la CNUCED.

Les capitaux privés prennent progressivement le relais

Face à l'ampleur de ces besoins, les financements privés commencent toutefois à prendre davantage de place. La Banque mondiale indique avoir mobilisé 22 milliards de dollars de capitaux privés pour l'Afrique en 2026, contre environ 9 milliards en 2022.

À l'échelle de l'ensemble des pays en développement, les financements privés mobilisés par le Groupe de la Banque mondiale ont atteint un record de 112 milliards de dollars sur son exercice 2026.

Cette progression reste néanmoins à mettre en regard des besoins du continent. La BAD souligne notamment le rôle que pourraient jouer les marchés de capitaux africains et les investisseurs institutionnels locaux. Ces derniers disposent d'environ 4.000 milliards de dollars d'actifs, mais moins de 2,7 % de ces montants sont investis dans les infrastructures et les secteurs productifs africains.

Transformer l'épargne africaine en investissements

L'un des principaux enjeux consiste ainsi à mieux orienter les ressources financières déjà disponibles sur le continent vers des projets productifs. Pour la BAD, les fonds de pension, les compagnies d'assurance et les fonds souverains africains disposent d'un potentiel important pour contribuer au financement des infrastructures et des économies locales.

Cette mobilisation de l'épargne pourrait notamment permettre de réduire la dépendance du continent aux capitaux extérieurs, tout en apportant des ressources supplémentaires à des secteurs nécessitant des investissements lourds et de long terme.

Le développement des marchés financiers, l'amélioration des mécanismes de financement et le recours aux partenariats public-privé figurent parmi les pistes mises en avant par la BAD.

L'enjeu dépasse ainsi la seule capacité de l'Afrique à attirer davantage de capitaux étrangers. Il réside également dans sa capacité à mobiliser ses propres ressources financières et à les orienter vers les investissements susceptibles de soutenir durablement la croissance.

La BAD prévoit une croissance moyenne de 4,2 % pour l'Afrique en 2026, après 4,4 % en 2025. La progression de l'activité reste donc solide, mais son maintien dans la durée dépendra aussi de la capacité du continent à combler son déficit d'investissement.

Jihen Mkehli

 

Publié le 02/10/26 08:49

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