ilboursa arabic version ilboursa

Hydrogène vert : La Tunisie rejoint officiellement le corridor Algérie - Europe

La Tunisie, l'Algérie, l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne ont signé à Alger une nouvelle déclaration autour du SoutH2 Corridor, destiné à relier la région aux grands marchés européens de l'énergie.

 

 

La Tunisie rejoint officiellement le projet qui doit acheminer l'hydrogène vert produit en Algérie vers l'Europe. Tunis, Alger, Rome, Vienne et Berlin ont signé jeudi 1er octobre à Alger une déclaration ministérielle d'intention sur le SoutH2 Corridor, un projet de quelque 3.000 kilomètres destiné à relier l'Afrique du Nord aux marchés européens.

Le document a été signé au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, à Alger, par Mourad Adjal pour l'Algérie, Wolfgang Hattmannsdorfer pour l'Autriche, Gilberto Pichetto Fratin pour l'Italie, Frank Witzel pour l'Allemagne et Salah Zouari pour la Tunisie, à l'issue de leur deuxième réunion ministérielle consacrée au corridor.

Il prévoit notamment la mise en place d'un secrétariat dédié au soutien technique du projet, avec l'accompagnement de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).

La Tunisie sur le tracé vers l'Europe

Le SoutH2 Corridor doit permettre d'acheminer l'hydrogène renouvelable produit en Afrique du Nord vers l'Italie, puis l'Autriche et l'Allemagne. La Tunisie se situe ainsi sur le tracé entre l'Algérie et la rive européenne de la Méditerranée, ce qui lui confère une place dans cette future chaîne énergétique euro-méditerranéenne.

 

▐ Lire aussi : Banques cotées : Qui a tiré son épingle du jeu au premier semestre ?

 

Le projet vise à transporter jusqu'à 4 millions de tonnes d'hydrogène vert par an sur environ 3.000 kilomètres. Ce volume pourrait représenter près de 10 % de la demande européenne attendue pour ce combustible à l'horizon 2040, selon les données présentées lors de la réunion d'Alger.

Pour la Tunisie, le corridor s'inscrit dans un ensemble de projets visant à développer les infrastructures nécessaires au transport de l'hydrogène renouvelable. La Commission européenne indique que les premiers projets sont déjà en cours de développement en Tunisie et en Algérie et que des études de faisabilité ont été engagées par les opérateurs de transport.

Des infrastructures à adapter

L'un des enjeux du projet concerne les infrastructures de transport. Le corridor doit notamment s'appuyer sur les réseaux gaziers existants, avec les adaptations nécessaires pour permettre le transport d'hydrogène. En Tunisie, cela s'inscrit notamment dans le développement du Tunisian Hydrogen Backbone.

Le projet ne se limite toutefois pas au transport. Sa réalisation suppose également le développement de capacités de production d'hydrogène renouvelable, d'installations de stockage et d'infrastructures associées.

Une mission composée de 11 entreprises allemandes s'est d'ailleurs rendue en Tunisie et en Algérie en septembre pour identifier des opportunités d'investissement dans l'hydrogène vert, les énergies renouvelables, le stockage et le Power-to-X le long du corridor.

Un accord politique avant le passage aux investissements

La signature d'Alger marque une nouvelle formalisation de l'engagement des cinq pays, mais elle ne signifie pas encore le lancement des travaux du corridor. Les questions liées au financement, aux infrastructures, aux capacités de production et aux modalités techniques du transport doivent encore être précisées.

La déclaration prévoit justement de renforcer le dialogue entre les gouvernements, les opérateurs de réseaux, les régulateurs, les institutions financières, les producteurs et les futurs acheteurs d'hydrogène. Le secrétariat soutenu par l'ONUDI doit contribuer à structurer cette coopération et à faciliter l'implication du secteur privé.

En parallèle, le projet algérien ALTEH2A, destiné à développer la production d'hydrogène vert en Algérie pour alimenter le corridor, poursuit ses études de faisabilité. Les premiers résultats sont attendus en 2027 et doivent notamment permettre d'identifier les sites de production, d'évaluer les coûts et de comparer les différentes options de transport vers l'Europe.

Jihen Mkehli

 

Publié le 02/10/26 10:08

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

lZLO-e67m5mLPJFW1u-T8Xsvr0eUS3BTaBBSPXkdcvM False