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Les investisseurs du Golfe se tournent vers la Libye et l'Algérie

Plus de 9 milliards de dollars de projets soutenus par des capitaux du Golfe en Algérie, auxquels s'ajoutent plusieurs opérations en Libye. Les investisseurs qataris et saoudiens accroissent leur présence en Afrique du Nord, avec le pétrole, le gaz et les infrastructures en première ligne.

 

 

Après avoir multiplié les investissements en Afrique subsaharienne, les capitaux du Golfe remontent vers le nord du continent. La Libye et l'Algérie voient ainsi se multiplier les projets soutenus par des investisseurs qataris et saoudiens, notamment dans l'énergie et les infrastructures.

Dans une analyse publiée le 30 septembre, le magazine américain Global Finance souligne que les perturbations des marchés énergétiques et les incertitudes régionales poussent les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à renforcer leurs investissements en Afrique du Nord, avec la Libye et l'Algérie parmi les principaux marchés ciblés.

La Libye revient dans le radar des investisseurs

En Libye, l'intérêt se concentre d'abord sur le secteur énergétique. En juillet, le groupe qatari UCC Holding a signé avec la National Oil Corporation (NOC) et la Libyan Investment Authority (LIA) un accord d'exploration et de partage de production portant sur la zone 47 du bassin de Ghadamès.

Le projet représente un investissement estimé à 1 milliard de dollars et doit permettre de porter progressivement la production de la zone à environ 80.000 barils de pétrole par jour. UCC Holding doit notamment assurer le financement du développement du projet.

 

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Après une interruption de près de deux décennies, la Libye a relancé en février son processus d'attribution de licences d'exploration, attirant notamment Eni, TotalEnergies, Repsol et Chevron.

L'intérêt du Golfe ne se limite toutefois pas au pétrole. En février, Global Finance rapportait également un projet de 2,7 milliards de dollars pour l'extension du port de Misrata, porté par l'investisseur qatari Maha Capital Partners, Terminal Investment Limited et la Misrata Free Zone Authority. Le projet vise à porter la capacité du port à 4 millions d'EVP par an, contre environ 685.000 actuellement.

L'Algérie attire plusieurs milliards de dollars

En Algérie, les investissements du Golfe prennent une ampleur encore plus importante. Selon Global Finance, le pays a attiré environ 9 milliards de dollars de projets soutenus par des capitaux du Golfe au cours des 18 derniers mois.

Parmi les principales opérations figure l'accord signé en octobre 2025 entre Sonatrach et la saoudienne Midad Energy. D'une valeur de 5,4 milliards de dollars, ce contrat de partage de production porte sur l'exploration et le développement du périmètre d'Illizi-Sud, dans le bassin d'Illizi. Midad Energy finance intégralement le projet, dont 288 millions de dollars sont consacrés aux opérations d'exploration.

 

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Le secteur agroalimentaire constitue un autre axe important. Le groupe qatari Baladna développe dans le sud algérien un projet intégré de production de lait en poudre évalué à 3,5 milliards de dollars. Déployé sur 117.000 hectares, il doit à terme accueillir jusqu'à 270.000 bovins et produire environ 1,7 milliard de litres de lait par an.

Le projet est désormais entré dans sa phase d'exécution. En avril 2026, Baladna a annoncé la signature de contrats de deuxième phase dépassant 635 millions de dollars, ainsi que le lancement du transfert de 30.000 vaches Holstein destinées au complexe algérien.

L'énergie concentre l'essentiel des investissements

Derrière ces opérations, Global Finance voit un changement plus large dans la stratégie d'investissement des pays du Golfe. Les perturbations du marché énergétique et les risques liés à la dépendance aux routes traditionnelles d'exportation poussent les investisseurs du CCG à diversifier davantage leurs actifs à l'étranger.

L'Afrique du Nord présente, à ce titre, un double intérêt : ses ressources énergétiques et sa proximité avec les marchés européens.

Pour l'Algérie, cette tendance intervient alors que Sonatrach prévoit d'accroître sa production et de forer 1.450 puits d'ici 2030. Alger a également ouvert en avril un nouveau cycle d'attribution portant sur sept blocs pétroliers et gaziers, avec une signature des contrats attendue en janvier.

La Libye, de son côté, cherche à transformer l'amélioration récente de son environnement institutionnel en nouveaux investissements. La réunification de la banque centrale en 2023 et l'adoption d'un budget commun en avril 2026 figurent parmi les signes de stabilisation relevés par Global Finance.

Jihen Mkehli

 

Publié le 01/10/26 10:46

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