Petit mais prometteur, l'écosystème tunisien se classe 7ème des destinations du capital‑risque en Afrique en 2025.
Construire un écosystème de capital‑risque en Afrique ne se limite pas à injecter des fonds dans des startups. Il s'agit de créer un environnement où la régulation, les infrastructures, le capital humain et l'innovation se renforcent mutuellement pour générer une croissance durable.
En 2025, même si les levées de fonds des startups africaines ont progressé de 4 % par rapport à 2024, pour atteindre 2,9 milliards de dollars, selon les données de l'Association africaine du capital‑investissement et du capital‑risque (AVCA), elles restent fortement concentrés dans un nombre limité d'écosystèmes.
La majorité des investissements continuent de se focaliser autour des principaux hubs économiques du continent, souvent désignés comme le “Big 4”(Afrique du Sud, Égypte, Nigeria et Kenya).
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Pour dresser un état des lieux, l'AVCA a publié un classement des principales destinations du capital‑risque en Afrique en 2025, basé sur plusieurs critères : la taille et la maturité des écosystèmes, le nombre de startups financées, la disponibilité des talents, la qualité des infrastructures et l'accessibilité au financement.
La Tunisie : un écosystème prometteur mais encore modeste
Dans ce classement des principales destinations du capital‑risque en Afrique, l'écosystème tunisien a réussi à se faire une place parmi le top 10, en se classant 7ème en termes de nombre d'opérations de capital‑risque (VC). Toutefois, il reste modeste par rapport à d'autres écosystèmes de la région, tant sur le plan du nombre d'opérations que des montants levés.
En chiffres, le pays n'a enregistré que 17 opérations de capital‑risque en 2025, un indicateur qui reflète le nombre d'investissements réalisés dans des startups locales. En valeur, les startups tunisiennes ont levé 39 millions de dollars au total sur l'ensemble de l'année.
Le pays montre un potentiel réel mais limité, reflétant la taille encore réduite de son marché et la prudence des investisseurs étrangers. Comparée à des hubs comme Lagos, Nairobi ou Le Cap, où les flux financiers et le nombre de startups financées sont beaucoup plus importants, la Tunisie reste un marché émergent, où chaque levée réussie a un impact significatif mais isolé.
Principales destinations du capital-risque en Afrique en 2025
| Pays | Nombre d'opérations | valeur (en millions de dollars) | |
| 1 | Afrique du Sud | 83 | 524 |
| 2 | Égypte | 68 | 604 |
| 3 | Nigeria | 65 | 287 |
| 4 | Kenya | 53 | 335 |
| 5 | Maroc | 31 | 114 |
| 6 | Ouganda | 22 | 302 |
| 7 | Tunisie | 17 | 39 |
| 8 | Ghana | 16 | 49 |
| 9 | Côte d'Ivoire | 9 | 22 |
| 10 | Cameroun | 8 | 26 |
Une concentration clair des investissements
Pour l'ensemble de la région, le capital‑risque reste largement concentré dans les “Big Four” africains, qui regroupent 53 % du volume des opérations et 45 % de la valeur totale investie en 2025.
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En tête, c'est l'Afrique du Sud avec 83 opérations de capital‑risque pour un montant total de 524 millions de dollars. Elle est suivie par l'Égypte, qui enregistre 68 opérations pour 604 millions de dollars, puis par le Nigeria avec 65 opérations pour 287 millions de dollars. Le Kenya occupe la 4ème place, totalisant 53 opérations pour 335 millions de dollars.
Le Maroc arrive 5ème, se distinguant comme l'écosystème le plus performant d'Afrique du Nord en 2025, avec 31 opérations pour 114 millions de dollars levés.
D'autres pays africains se font remarquer, même si leurs chiffres restent plus modestes : l'Ouganda comptabilise 22 opérations pour 302 millions de dollars, le Ghana enregistre 16 opérations pour 49 millions, la Côte d'Ivoire arrive à la 9ème place avec 9 opérations pour 22 millions, et le Cameroun ferme le top 10 avec 8 opérations pour 26 millions de dollars.
Jihen Mkehli
Publié le 27/02/26 12:28




