Au premier semestre de 2025, l'Algérie voit son commerce extérieur basculer dans le rouge. La chute des revenus pétroliers, la flambée des importations et la faiblesse des exportations hors hydrocarbures creusent un déficit commercial record.
Pour la première fois depuis 2021, la balance commerciale de l'Algérie plonge dans le rouge au cours du premier semestre 2025. Les exportations reculent, les importations s'envolent, et les prix évoluent dans des directions opposées, entraînant un nouveau déficit de la balance commerciale.
Selon les données de l'Office national des statistiques (ONS), l'Algérie affiche un déficit commercial de 711,5 milliards de dinars algériens, soit la contre valeur de 4,7 milliards d'euros.
Malgré une baisse moyenne de 2,8 % des prix à l'importation, les biens importés explosent, atteignant 3.767 milliards de dinars (25 milliards d'euros), soit une progression de 24,8 % en valeur par rapport à la même période en 2024.
Du côté des exportations, la tendance est inverse. Les prix s'érodent de 7,4 %, les volumes reculent légèrement de 1,2 %, et la valeur totale des ventes à l'étranger tombe à 3.055 milliards de dinars (20 milliards d'euros), enregistrant un recul de 8,5 % sur un an.
Les hydrocarbures ne suffisent plus
La contre-performance du commerce extérieur algérien au premier semestre de 2025 s'explique principalement par la chute des revenus issus des hydrocarbures, moteur traditionnel de l'économie. Selon l'ONS, les prix du pétrole et du gaz ont reculé de 8,2 %, tandis que les volumes exportés chutent de 2,1 %.
À l'inverse, les exportations hors hydrocarbures enregistrent des gains modestes, avec +8,6 % en volume et +11,8 % en valeur, portés par l'agroalimentaire, certains produits industriels et chimiques. Mais ces performances restent insuffisantes pour compenser la forte dépendance du pays aux hydrocarbures et la hausse des importations.
Du côté des importations, la demande intérieure reste tendue par l'inflation et la nécessité de biens d'équipement, notamment pour l'industrie et les infrastructures. Même si les prix à l'importation ont baissé de 2,8 % en moyenne, les volumes importés explosent (+28,4 %).
Le taux de couverture, indicateur clé de la santé des échanges extérieurs, chute de 110,6 % à 81,1 %. L'Algérie n'arrive plus à financer ses importations par ses exportations. Les réserves de change pourraient être davantage sollicitées si la tendance se confirme.
Jihen Mkehli
Publié le 18/11/25 11:16




