À Niamey, où les coupures d'électricité rythment encore le quotidien, une nouvelle centrale de 40 MW financée par l'Algérie vient tenter de soulager un réseau sous forte pression.
Le Niger et l'Algérie ont officiellement mis en service, mercredi 3 juin, la centrale électrique de Gorou Banda, d'une capacité de 40 mégawatts (MW).
Entièrement financée sous forme de don par l'Algérie, et située en périphérie de Niamey, la capitale nigérienne, la centrale est équipée de deux turbines à gaz de 20 MW chacune. Elle est destinée à renforcer l'approvisionnement électrique de la ville ainsi que celui de ses zones industrielles, régulièrement touchées par des coupures de courant.
Si les autorités n'ont pas communiqué de chiffre officiel sur le coût global du projet, celui-ci s'inscrit dans un programme de coopération bilatérale intégralement pris en charge par l'Algérie. Selon les estimations habituellement observées pour ce type d'infrastructures, la facture pourrait se situer dans une fourchette de 50 et 80 millions de dollars, sans confirmation officielle à ce stade.
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La mise en service de cette centrale devrait permettre d'atténuer les délestages qui pénalisent les petites et moyennes entreprises, de sécuriser l'alimentation des infrastructures critiques, hôpitaux, universités, et de renforcer l'attractivité de la zone industrielle de Niamey.
Une réponse à une crise structurelle au Niger
L'Algérie présente ce projet comme un geste de coopération stratégique envers un voisin sahélien confronté à un déficit énergétique chronique et à une forte dépendance aux importations d'électricité.
Au Niger, la situation électrique reste fragile depuis plusieurs années. Le pays affiche l'un des taux d'accès à l'électricité les plus faibles de la région, avec une demande en hausse rapide dans un contexte de croissance démographique et d'urbanisation accélérée.
La capitale Niamey concentre à elle seule une part importante de la consommation nationale, alors que les capacités de production peinent à suivre. Des délestages fréquents, qui affectent directement les ménages, mais aussi les petites et moyennes entreprises, fragilisant l'activité économique.
C'est précisément ce déséquilibre que la centrale de 40 MW doit contribuer à corriger. En renforçant l'alimentation de Niamey et de ses zones industrielles, elle vise à stabiliser le réseau, réduire les coupures et sécuriser les infrastructures essentielles.
Pour l'Algérie, le projet dépasse la simple logique d'aide bilatérale. Il s'inscrit dans une stratégie d'expansion énergétique vers l'Afrique subsaharienne, portée par le groupe public Sonelgaz, à travers sa filiale internationale. L'objectif est consolider un rôle de partenaire énergétique régional et accompagner la réalisation d'infrastructures structurantes dans des pays considérés comme prioritaires.
Jihen Mkehli
Publié le 09/06/26 10:50




