Dix ans après son retour en Algérie, l'horizon s'assombrit de nouveau pour Carrefour. Le géant français de la grande distribution traverse une zone de turbulences majeures qui menace directement sa pérennité dans le pays, selon des informations révélées par le site d'information TSA-Algérie.
Un scénario qui prend des airs de déjà-vu pour l'enseigne, dont la première tentative d'implantation s'était déjà soldée par un échec en 2009. En effet, depuis plusieurs mois, le représentant algérien de Carrefour accumule les difficultés de paiement et se retrouve dans l'incapacité d'honorer ses engagements financiers auprès de ses partenaires.
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La réponse des fournisseurs ne s'est pas fait attendre. Face aux factures impayées, plusieurs d'entre eux ont pris la décision radicale de suspendre leurs livraisons. Une situation critique qui commence à se voir sur les étals de ses hypermarchés, alors même que le groupe venait d'étendre son réseau en 2025 avec des ouvertures à Bordj Bou Arreridj et Sidi Bel Abbès, en plus de son magasin historique d'Alger réouvert en 2014.
La grande distribution algérienne en pleine tempête
Les déboires de Carrefour ne sont pas un cas isolé, mais le symptôme d'un malaise beaucoup plus profond qui secoue l'ensemble du secteur de la grande distribution en Algérie. Le paysage commercial est en pleine recomposition avec la récente cession des hypermarchés Uno de Cevital à la start-up Yassir tandis que l'enseigne Ardis a, elle aussi, été rachetée par une autre marque.
Le modèle de l'hypermarché "à l'occidentale" peine à trouver son équilibre économique en Algérie face à des mutations brutales du marché.
Le rouleau compresseur du commerce informel
Pour comprendre cette crise, il faut regarder du côté de la concurrence, et notamment celle du secteur informel, véritable roi de la distribution en Algérie.
Les hypermarchés font face à un réseau ultra-dense de commerces de proximité et de supérettes de quartier. Ces derniers affichent une agilité financière que les géants de la distribution ne peuvent pas suivre.
En s'approvisionnant et en vendant fréquemment sans factures, ces commerçants contournent la TVA et les différentes taxes locales. Résultat : une guerre des prix impossible à mener pour Carrefour et ses pairs, dont les structures formelles, soumises à une fiscalité stricte, ne font plus le poids face à des prix de vente grand public nettement inférieurs dans le circuit traditionnel.
Dix ans après son grand retour de 2014, Carrefour se retrouve au pied du mur. Reste à savoir si le groupe français parviendra à restructurer sa dette locale ou si l'Algérie signera, pour la seconde fois, son départ du pays.
Omar EL Oudi
Publié le 09/06/26 09:27




