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IPO de la raffinerie Dangote : Vers une ouverture aux investisseurs de tout le continent

Des discussions sont engagées avec plusieurs places financières africaines pour permettre aux investisseurs du continent d'accéder aux actions du groupe. 

 

 

L'introduction en Bourse de la raffinerie Dangote pourrait ouvrir la voie à une participation plus large des investisseurs africains aux grandes opérations financières du continent. 

Le groupe nigérian a engagé des discussions avec plusieurs Bourses africaines afin d'étudier les mécanismes qui permettraient de rendre ses actions accessibles au-delà du Nigeria. L'objectif est de faciliter les souscriptions transfrontalières, alors que les différences de réglementation compliquent encore les investissements d'un marché à l'autre.

Révélée le 4 novembre par Reuters, cette initiative remonte au mois d'avril, lorsque Dangote a sollicité la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), basée à Abidjan, ainsi que d'autres places du continent.

Selon Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la BRVM, les échanges ont notamment porté sur la possibilité de proposer les titres de la raffinerie dans plusieurs pays, sans devoir reproduire intégralement la procédure d'introduction en Bourse sur chaque marché.

L'offre publique de vente de la raffinerie, lancée le 14 septembre et clôturée le 28 octobre, visait à lever 1,6 milliard de dollars. Les demandes de souscription ont atteint environ 4,77 milliards de dollars, soit près de trois fois le montant proposé, selon des sources citées par Reuters. Plus de deux millions d'investisseurs auraient participé à l'opération par les canaux numériques.

Les actions doivent être admises à la cote de la Nigerian Exchange au cours du mois de novembre. Mais le groupe souhaite désormais élargir la base de ses actionnaires à l'échelle du continent.

Les certificats représentatifs d'actions comme solution

Parmi les mécanismes envisagés figure le recours aux Global Depositary Receipts (GDR), ou certificats représentatifs d'actions. Ces instruments permettent aux investisseurs d'acquérir, sur leur marché local, des titres représentant des actions cotées dans un autre pays.

Les actions sous-jacentes sont conservées par un établissement dépositaire, tandis que les certificats peuvent être négociés sur la place financière où ils sont admis.

 

➡️ Lire aussi : Plus de 2 millions d'investisseurs issus de 120 pays à l'appel de l'IPO de la raffinerie Dangote

 

Cette solution éviterait aux investisseurs de devoir nécessairement intervenir directement sur le marché nigérian pour détenir une participation dans la raffinerie. Elle a notamment été retenue pour permettre à des investisseurs kényans d'accéder à l'offre. En octobre, l'autorité kényane des marchés financiers avait approuvé un prospectus simplifié portant sur des GDR liés à l'opération.

D'autres dispositifs ont également été étudiés dans plusieurs pays. Le Botswana a été désigné comme marché d'accueil pour la composante destinée à l'Afrique australe, tandis que l'Éthiopie et l'Ouganda ont avancé dans la mise en place de modalités de participation. L'Égypte et le Rwanda ont, de leur côté, exploré des possibilités d'accès pour leurs investisseurs.

Toutefois, les modalités ne sont pas identiques d'un pays à l'autre et les discussions engagées avec les Bourses africaines ne signifient pas que l'accès à l'offre est automatiquement ouvert sur l'ensemble du continent.

La réglementation, principal obstacle à l'intégration des marchés

Le principal frein reste la fragmentation des cadres réglementaires. Une entreprise qui souhaite proposer ses titres dans plusieurs pays doit aujourd'hui obtenir séparément l'autorisation des autorités de régulation de chaque marché concerné.

Les délais et les procédures peuvent ainsi compliquer, voire empêcher, la participation d'investisseurs étrangers à une opération pourtant ouverte dans leur région.

Pour Edoh Kossi Amenounve, une plus grande harmonisation des règles et la reconnaissance mutuelle des décisions des régulateurs permettraient de faciliter ces opérations. Il souligne que les infrastructures technologiques nécessaires aux transactions transfrontalières existent déjà, notamment grâce à l'African Exchanges Linkage Project (AELP), qui relie plusieurs Bourses du continent.

Le dossier Dangote met ainsi en évidence un paradoxe : alors que les ambitions d'intégration économique africaine progressent, les investisseurs continuent de se heurter à des frontières réglementaires lorsqu'ils souhaitent placer leur épargne dans des entreprises cotées dans un autre pays.

En effet, une meilleure interconnexion des places financières permettrait aux entreprises africaines de toucher un bassin d'investisseurs plus large et de mobiliser davantage d'épargne locale pour financer leur développement. 

Jihen Mkehli

 

Publié le 05/11/26 09:25

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