La raffinerie Dangote a attiré 4,78 milliards de dollars de demandes pour une introduction en Bourse initialement fixée à 1,6 milliard. Au Nigeria, l'opération a mobilisé plus de deux millions d'investisseurs.
L'introduction en Bourse de la raffinerie Dangote, au Nigeria, a suscité 4,78 milliards de dollars de demandes, soit près de trois fois le montant initialement visé.
Clôturée mardi 27 octobre 2026, au terme de six semaines de souscription, l'opération a attiré plus de deux millions d'investisseurs via des plateformes numériques. La société Dangote Refinery a également annoncé la participation d'investisseurs issus de 120 pays.
Présentée comme la plus importante opération sur les marchés de capitaux en Afrique, l'offre devait initialement prendre fin le 13 octobre, avant d'être prolongée de deux semaines afin d'élargir la participation des investisseurs, notamment sur le continent africain.
Une opération pouvant atteindre 2,1 milliards de dollars
Lancée le 14 septembre, l'offre porte sur 4,1 milliards d'actions ordinaires, proposées au prix de 525 nairas l'unité, pour un montant initial d'environ 1,6 milliard de dollars. Face à l'afflux de demandes, le groupe pourrait porter ce montant à 2,1 milliards de dollars grâce à une option de surallocation, sous réserve des modalités de l'offre.
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La clôture de la souscription a été repoussée de deux semaines, jusqu'au 27 octobre, afin de permettre à davantage d'investisseurs, notamment sur le continent africain, de participer. Au total, les demandes ont atteint 6 400 milliards de nairas, soit environ 4,78 milliards de dollars.
Financer le doublement des capacités de la raffinerie
Derrière cette introduction en Bourse se trouve un projet industriel important pour le Nigeria. Implantée près de Lagos, la raffinerie Dangote a nécessité environ 20 milliards de dollars d'investissements et dispose actuellement d'une capacité de traitement de l'ordre de 700 000 barils de pétrole brut par jour.
Les fonds levés doivent notamment contribuer au financement de son expansion, avec un objectif de capacité porté à 1,4 million de barils par jour d'ici au premier trimestre 2029. Le groupe entend ainsi renforcer les capacités de raffinage du Nigeria, réduire sa dépendance aux carburants importés et développer ses exportations de produits pétroliers raffinés.
La raffinerie a déjà commencé à transformer le marché nigérian des carburants. Son développement intervient dans un pays longtemps dépendant des importations de produits raffinés, malgré ses importantes ressources pétrolières.
La hausse de la demande et les perturbations des approvisionnements internationaux ont également soutenu les débouchés de ses produits, notamment le carburant aviation exporté vers l'Europe et d'autres marchés africains.
Un test pour les marchés de capitaux africains
Outre le financement de la raffinerie, cette opération constitue un test pour les marchés financiers africains. Aliko Dangote, principal actionnaire du groupe et l'un des hommes d'affaires les plus fortunés du continent, présente cette introduction en Bourse comme un moyen d'élargir l'actionnariat et de permettre aux investisseurs particuliers de participer au développement d'un grand actif industriel africain.
L'ampleur des souscriptions montre l'existence d'une demande importante pour ce type d'opération. Elle ne signifie toutefois pas que tous les investisseurs obtiendront les actions souhaitées : lorsque les demandes dépassent largement le nombre de titres proposés, les allocations doivent être réparties selon les règles de l'offre.
La prochaine étape sera donc la cotation des titres sur le marché nigérian, attendue en novembre. Elle permettra de mesurer la manière dont les investisseurs valoriseront la raffinerie une fois les échanges ouverts, au-delà de l'engouement observé pendant la souscription.
Jihen Mkehli
Publié le 28/10/26 14:31




