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Coupe du monde 2030 : Ce que le gouvernement marocain promet à l’économie

Le Maroc avance ses premières projections économiques pour le Mondial 2030. À la clé, plus de 840 000 emplois attendus et près de 16 milliards de dollars de recettes touristiques.

 

 

Le Maroc commence à chiffrer les retombées économiques attendues de la Coupe du monde 2030. Présentées le 3 novembre devant la Commission des finances de la Chambre des représentants, les projections du gouvernement tablent sur plus de 840 000 emplois créés dans différents secteurs, une progression cumulée de 21,2 % de l'investissement entre 2023 et 2030 et 26 millions de touristes à l'horizon de la compétition. 

C'est devant les députés, dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2027, que Fouzi Lekjaa, ministre de l'Économie et des Finances, a présenté les principales estimations liées à l'organisation du tournoi mondial, que le Maroc accueillera conjointement avec l'Espagne et le Portugal. 

Les simulations gouvernementales prévoient notamment une hausse de 13,2 % du produit intérieur brut sur la période considérée, tandis que les investissements liés à cette échéance devraient contribuer à hauteur de 1,65 point à la croissance annuelle, selon les chiffres rapportés lors de la présentation.

Plus de la moitié des emplois attendus dans le bâtiment

Avec plus de 840 000 emplois annoncés, le marché du travail figure parmi les principaux bénéficiaires attendus de cette mobilisation. Le secteur du bâtiment et des travaux publics concentrerait à lui seul 52 % des créations prévues.

Les autres secteurs représenteraient 28 %, devant les autres activités industrielles, avec 13,8 %, et l'hébergement-restauration, qui en capterait 6,2 %.

 

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Le tourisme constitue l'autre grand volet de cette stratégie. Le Maroc ambitionne d'accueillir 26 millions de visiteurs par an en 2030, contre près de 20 millions en 2025. Les recettes touristiques devraient dépasser 156 milliards de dirhams, environ, 15,9 milliards de dollars, tandis que le PIB du secteur atteindrait 189 milliards de dirhams aux prix courants. Le gouvernement prévoit également plus de 158 000 emplois supplémentaires dans cette filière.

Ces objectifs prolongent une dynamique déjà engagée. En 2025, le royaume avait accueilli près de 20 millions de touristes et enregistré 138,1 milliards de dirhams de recettes en devises, selon les données présentées dans le cadre du projet de budget 2027.

Le défi consiste à augmenter les capacités d'accueil, à diversifier les marchés émetteurs et à faire en sorte que les visiteurs ne se concentrent pas uniquement sur les destinations les plus fréquentées.

Un programme d'infrastructures de plusieurs milliards de dirhams

Pour soutenir cette ambition, le Maroc accélère un vaste programme de modernisation de ses infrastructures. Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), les investissements consacrés aux réseaux ferroviaires, aux routes, aux aéroports, aux stades ainsi qu'aux équipements urbains et touristiques devraient atteindre environ 190,3 milliards de dirhams (19,4 milliards de dollars), sur la période 2024-2030, soit près de 11,9 % du PIB de 2024.

Le ferroviaire constitue l'un des principaux postes de dépenses, avec notamment le prolongement de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech sur environ 430 kilomètres et le développement de services régionaux.

Le programme prévoit également l'extension et la modernisation des aéroports, le renforcement du réseau routier et la construction ou la rénovation des stades des six villes marocaines retenues pour accueillir les rencontres : Rabat, Casablanca, Marrakech, Tanger, Agadir et Fès.

La question du financement et des avantages fiscaux

L'ampleur du programme pose aussi la question de son financement. Le modèle présenté par le gouvernement repose en partie sur la mobilisation des opérateurs publics et des entreprises chargées des infrastructures, à travers leurs ressources propres, les emprunts et les financements extérieurs, plutôt que sur le seul budget de l'État.

Le projet de loi de finances 2027 prévoit par ailleurs des exonérations fiscales et douanières temporaires au bénéfice de la FIFA et de certaines entités liées à l'organisation de la compétition.

Elles concernent notamment l'impôt sur les sociétés, la TVA, certaines retenues à la source et les droits de douane sur les équipements importés pour le tournoi. Certaines mesures pourraient s'appliquer jusqu'en 2031 ou 2032, selon les bénéficiaires et les dispositions concernées.

Cette répartition des charges distingue les dépenses d'organisation de la compétition, prises en charge par la FIFA, des infrastructures et des équipements dont la réalisation incombe aux pays hôtes. 

Jihen Mkehli 

 

Publié le 04/11/26 15:31

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