Quatre séances de baisse consécutives ramènent le Brent sous les 94 dollars le baril. Une évolution qui reflète le recul de la prime de risque géopolitique, sans pour autant dissiper les incertitudes entourant l'approvisionnement mondial.

Les cours du pétrole poursuivent leur repli, malgré les incertitudes qui entourent toujours le conflit entre les États-Unis et l'Iran.
Le 5 novembre, le Brent est passé sous la barre des 94 dollars le baril, tandis que le WTI s'est rapproché des 87 dollars. En quatre séances, les deux références mondiales ont nettement corrigé, les investisseurs réévaluant les risques de perturbation de l'approvisionnement au Moyen-Orient et les perspectives d'une issue diplomatique au conflit.
Le Brent de la mer du Nord reculait de 0,85%, à 93,82 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, cédait pour sa part 1,36%, à 86,92 dollars. Cette nouvelle baisse prolonge le mouvement de la veille, lorsque les deux contrats avaient chuté de plus de 8%, atteignant leur plus bas niveau de clôture depuis le 31 août.
Ce recul traduit notamment un changement dans la perception du risque géopolitique. Les pertes enregistrées par le Parti républicain de Donald Trump lors des élections de mi-mandat américaines ont renforcé les anticipations d'un Congrès susceptible de limiter les marges de manœuvre militaires du président et de favoriser une solution négociée au conflit avec l'Iran.
Certains responsables et analystes estiment ainsi qu'une désescalade pourrait devenir plus probable.
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Pour les marchés pétroliers, une résolution du conflit permettrait de réduire les perturbations qui ont affecté les flux de brut en provenance du Moyen-Orient et de desserrer les contraintes sur l'offre mondiale.
Les expéditions de pétrole à travers le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations énergétiques du Golfe, auraient d'ailleurs retrouvé des niveaux proches de ceux observés avant la guerre, même si les coûts de transport demeurent plus élevés.
Un marché pétrolier de nouveau excédentaire
Outre les perspectives diplomatiques, l'évolution de l'offre contribue également à peser sur les cours. Selon JPMorgan, le marché mondial du pétrole serait repassé en situation d'excédent en septembre, avec une offre supérieure à la demande de 1,1 million de barils par jour.
Cet excédent aurait atteint 1,4 million de barils quotidiens en octobre, à la faveur de la reprise des approvisionnements du Golfe.
Cela marque un changement par rapport aux mois précédents, durant lesquels les perturbations liées au conflit avaient alimenté les craintes de pénurie et soutenu les prix. Le recul des cours s'explique ainsi par la combinaison de deux facteurs : l'atténuation des anticipations d'une nouvelle escalade militaire et l'amélioration progressive des conditions d'approvisionnement.
La détente reste toutefois fragile. Les perspectives d'un accord entre Washington et Téhéran demeurent incertaines et le risque d'une reprise des frappes n'est pas écarté. Le groupe Eurasia a notamment abaissé son estimation de la probabilité de nouvelles frappes américaines contre l'Iran, de 65% à 60%, mais a également réduit celle d'un accord, de 20% à 10%. Il estime désormais à 30% le risque d'un blocage prolongé.
Selon Eurasia Group, le Brent pourrait alors remonter dans une fourchette comprise entre 110 et 125 dollars le baril. Les stocks commerciaux de pétrole dans les principaux pays consommateurs, proches de leur plus bas niveau depuis quinze ans, constituent également un facteur de vulnérabilité.
Jihen Mkehli
Publié le 05/11/26 09:02




