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Croissance, déficits, dette ... Les nouvelles perspectives de la Banque mondiale pour la Tunisie

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Par Omar EL Oudi

La Banque mondiale a publié ce mercredi son nouveau bulletin de conjoncture économique consacré à la Tunisie, intitulé " Renforcer les filets de sécurité sociale pour plus d'efficacité et d'équité ".

Le rapport dresse un tableau nuancé des perspectives macroéconomiques du pays, marqué à la fois par un rebond sectoriel porteur et des vulnérabilités persistantes sur les plans budgétaire et extérieur.

Après deux années de croissance modeste, l'économie tunisienne devrait progresser de 2,6 % en 2025, une révision notable par rapport aux 1,9 % anticipés au printemps 2025.

Cette amélioration repose principalement sur un rebond significatif de la production agricole, notamment de l'huile d'olive et des céréales, après les pertes enregistrées en 2023 grâce à des conditions climatiques plus favorables.

Mais aussi sur la reprise du secteur de la construction, qui émerge d'une stagnation prolongée de quatre ans, et la révision des prévisions est également soutenue par les performances solides du deuxième trimestre 2025, caractérisé par une croissance de 3,2 % en glissement annuel.

Parallèlement, le secteur du tourisme devrait continuer à apporter une contribution positive à l'activité en 2025. Toutefois, l'institution note que les incertitudes pesant sur le commerce mondial, notamment le ralentissement attendu sur le marché européen, pourraient limiter la demande extérieure adressée à la Tunisie.

En revanche, la Banque mondiale signale un point d'attention majeur : la baisse de 14 % de la valeur ajoutée des activités financières au premier semestre 2025, qui exerce une pression à la baisse sur la croissance globale.

Néanmoins, l'institution estime que les perspectives pourraient s'améliorer sensiblement si la Tunisie engageait des réformes structurelles prioritaires, notamment le renforcement de la politique budgétaire, la modernisation des entreprises publiques et l'amélioration de la concurrence et de l'environnement des affaires.

 

Indicateurs macroéconomiques clés 2021-2027

 

Un compte courant sous pression mais stable

Le déficit du compte courant devrait atteindre 2,7 % du PIB en 2025, conséquence d'un creusement du déficit commercial, légèrement compensé par la hausse attendue des recettes touristiques et la baisse des prix internationaux du pétrole.

À l'horizon 2027, ce déficit devrait s'élargir légèrement pour s'établir autour de 3,1 % du PIB. Les flux d'IDE devraient rester stables, tandis que les capitaux de portefeuille demeureront limités, maintenant une pression élevée sur le financement extérieur.

Face à ces contraintes, les autorités pourraient être amenées à recourir davantage à des emprunts en devises auprès de la Banque centrale.

Déficit budgétaire en légère amélioration, dette quasi stable

Sur le plan des finances publiques, la Banque mondiale estime que le déficit budgétaire devrait s'établir à 5,7 % du PIB en 2025, grâce à une progression modérée des subventions et de la masse salariale, ainsi qu'à une amélioration attendue des recettes fiscales.

Ce déficit pourrait reculer à 4,4 % en 2027, sous l'effet d'efforts continus pour maîtriser les dépenses publiques. Quant à la dette publique, elle devrait diminuer marginalement pour atteindre 83,6 % du PIB en 2027, contre 84,5 % en 2024.

Besoins de financement élevés et risques pour la stabilité

La Banque mondiale souligne que les besoins de financement du pays resteront élevés, atteignant 28 milliards de dinars en 2026 et 27 milliards en 2027, principalement en raison de la hausse des remboursements de la dette.

Dans un contexte où la Tunisie cherche à limiter son recours à l'endettement extérieur, le financement du déficit pourrait reposer principalement sur les prêts souverains, réduisant le besoin d'utiliser les réserves en devises.

Toutefois, l'institution met en garde contre les risques associés à un financement monétaire accru, notamment l'éviction du crédit au secteur privé, les pressions inflationnistes, et une vulnérabilité accrue du système bancaire.

 

Publié le 26/11/25 14:24

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