Du cloud aux applications mobiles, plusieurs bourses africaines accélèrent leur digitalisation, et c'est l'Afrique du Sud qui se distingue comme leader du continent.
Bourse de Johannesburg (JSE)
La digitalisation des marchés financiers désigne l'intégration des technologies numériques dans toutes les étapes de la vie d'un marché boursier : de l'émission des actions à leur négociation, en passant par la compensation et la gestion des titres.
Pour mesurer le degré réel de digitalisation des marchés financiers en Afrique, la plateforme The African Exponent a dressé un classement des dix pays africains dont les bourses affichent aujourd'hui les opérations les plus numérisées.
Cette analyse s'appuie sur les dernières données et rapports officiels disponibles en 2025. Chaque section consacrée à un pays examine : comment l'adoption des technologies et la digitalisation des infrastructures facilitent les transactions, comment les réformes réglementaires modernisent les marchés et renforcent leur efficacité, et comment les innovations contribuent à l'inclusion financière, en ouvrant l'accès aux investisseurs individuels et institutionnels.
Les bourses africaines les plus digitalisées en 2025
En Afrique, l'Afrique du Sud conserve la première place en digitalisation des marchés financiers. La Bourse de Johannesburg (JSE) est la plus avancée du continent, explique la plateforme, grâce à un partenariat avec le Nasdaq et Amazon Web Services (AWS) qui a lancé en 2025 une infrastructure de marché de nouvelle génération, incluant des systèmes de négociation cloud, des outils d'analyse avancés et une prise en charge complète du cycle des transactions.
En deuxième position, la Bourse du Nigeria (NGX) poursuit sa transformation numérique après avoir obtenu l'approbation de la Securities and Exchange Commission (SEC) du pays et lancé NGX Invest, une plateforme destinée à faciliter l'accès des investisseurs aux marchés.
Troisième sur le podium, la Bourse de Nairobi (NSE) au Kenya se distingue par ses initiatives de digitalisation, notamment l'intégration d'outils numériques pour les investisseurs locaux et internationaux.
La Bourse d'Égypte (EGX) se classe quatrième, portée par le lancement de la première application mobile officielle permettant aux investisseurs de suivre et de gérer leurs transactions depuis leurs smartphones.
Cinquième, la Bourse de Casablanca ferme le Top 5. Viennent ensuite l'Éthiopie, Rwanda, Ghana, Botswana, et Maurice.
La Bourse de Tunis, absente du classement
La Bourse de Tunis n'apparaît pas dans le top 10 des bourses africaines les plus digitalisées en 2025. Cette absence s'explique par plusieurs facteurs liés à l'infrastructure, à la taille du marché et à l'adoption des technologies.
La Bourse tunisienne a lancé plusieurs initiatives de modernisation, dont le projet SDX‑Bourse, qui permet aux intermédiaires de déposer et de suivre leurs demandes en ligne, réduisant ainsi l'usage du papier et introduisant la signature électronique. Cependant, ce dispositif concerne principalement l'administration interne et ne couvre pas encore la négociation en ligne pour les investisseurs, l'accès en temps réel aux transactions ou le trading mobile.
Autrement dit, la digitalisation progresse, mais elle ne couvre pas encore l'ensemble du cycle, incluant l'infrastructure, le marché et l'interaction directe avec les investisseurs.
Bien que membre de la World Federation of Exchanges, la Bourse de Tunis n'a pas encore adopté toutes les technologies de pointe qui caractérisent une bourse pleinement digitalisée : négociation en temps réel, systèmes compatibles cloud, analytics avancées et intégration complète du cycle des transactions.
Pour qu'une place financière soit pleinement numérisée, elle doit offrir infrastructures modernes, liquidité suffisante, diversité d'acteurs, réglementation adaptée et demande active des investisseurs.
Jihen Mkehli
Publié le 09/12/25 14:13




