Moody's maintient la note de la France à Aa3, avec perspective négative, mais alerte sur la persistance des déséquilibres politiques et budgétaires.
L'agence de notation américaine Moody's a confirmé la note souveraine de la France à Aa3, tout en maintenant une perspective négative.
Moody's se distingue ainsi légèrement de ses concurrentes Fitch et Standard & Poor's, qui attribuent à la France la note A+, soit un niveau inférieur dans la hiérarchie du crédit souverain. Malgré cette différence d'appréciation, les trois agences convergent sur un point : la pression croissante exercée sur les finances publiques françaises.
Dans son analyse, Moody's met en avant la résilience du cadre institutionnel français, estimant que " l'accord budgétaire trouvé entre la gauche modérée et le centre droit, au sein d'un Parlement politiquement divisé, conforte notre évaluation de la solidité des institutions et de la gouvernance françaises ".
Sur le plan des finances publiques, l'agence note également une légère amélioration des perspectives budgétaires. Le déficit est désormais attendu à 5 % du PIB en 2026, contre une estimation précédente de 5,2 %, un ajustement jugé marginal mais orienté dans le bon sens.
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Pour autant, cette décision est loin de répondre aux anticipations d'une partie des marchés, qui redoutaient une dégradation de la note dans un contexte d'endettement élevé et de croissance fragile.
Une perspective négative
Sur le plan macroéconomique, Moody's, qui avait déjà abaissé fin octobre la perspective de la France à négative, maintient une lecture prudente de la trajectoire économique et budgétaire du pays.
Dans son analyse, l'agence estime que " le budget 2026 n'apporte pas de clarté sur les mesures qui seront prises pour réduire le déficit au-delà de cette année ", ajoutant qu'" un risque important demeure que les partis politiques ne soient pas capables de s'entendre sur de nouvelles mesures de consolidation pour 2027 et au-delà ".
Pour Moody's, " la perspective négative reflète le risque accru que la fragmentation du paysage politique français continuera à handicaper le fonctionnement des institutions législatives ".
Dans ce contexte, l'agence anticipe une croissance de 1 % en 2026, accompagnée d'une inflation de 1,4 %, un scénario qui traduit une économie sans véritable accélération.
La décision prise fin octobre s'inscrit déjà dans cette lecture prudente. Moody's justifiait alors son passage à une perspective négative par la fragmentation du paysage politique français, qu'elle considère comme un frein à la mise en œuvre de politiques budgétaires structurelles.
Une situation d'autant plus sensible que la France affiche l'un des niveaux d'endettement les plus élevés de la zone euro en volume, et le troisième en proportion du PIB derrière la Grèce et l'Italie, ainsi que le déficit public le plus important de l'ensemble de la zone.
Jihen Mkehli
Publié le 13/04/26 14:07




