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Le déficit commercial de la Tunisie se creuse à 17,8 milliards de dinars à fin août 2026

 

Le déficit de la balance commerciale tunisienne poursuit sa dégradation. Selon les derniers chiffres publiés par l'Institut National de la Statistique (INS), les échanges commerciaux de la Tunisie avec l'extérieur ont atteint 44,7 milliards de dinars à l'exportation et 62,5 milliards à l'importation durant les huit premiers mois de l'année 2026, creusant un déficit commercial de 17,8 milliards de dinars, contre 14,6 milliards sur la même période en 2025.

Une croissance des échanges tirée par les importations

Les exportations ont progressé de 8% par rapport aux huit premiers mois de 2025 (41,3 milliards de dinars), tandis que les importations ont bondi de 11,6% (contre 56 milliards de dinars un an plus tôt).

Ce déséquilibre entre les deux dynamiques a mécaniquement fait reculer le taux de couverture des importations par les exportations, passé de 73,9% à 71,4% en un an, son plus bas niveau sur les trois dernières années, après 77,7% enregistré en 2024.

Les secteurs exportateurs en ordre dispersé

Du côté des exportations, plusieurs secteurs tirent leur épingle du jeu. Les industries mécaniques et électriques progressent de 8,5%, tandis que le secteur agroalimentaire s'envole de 20,8%, porté par l'explosion des ventes d'huile d'olive (3,7 milliards de dinars, contre 2,7 milliards un an auparavant).

 

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Le secteur de l'énergie affiche quant à lui une hausse spectaculaire de 44,3%, grâce à la progression des exportations de produits raffinés (1,1 milliard de dinars, contre à 0,5 milliard).

À l'inverse, deux secteurs traditionnellement moteurs de l'économie tunisienne reculent. Les phosphates et dérivés chutent de 12%, tandis que le textile, l'habillement et le cuir, pilier historique des exportations tunisiennes, perdent 4,8%.

Toutes les catégories d'importations en hausse

Aucun groupe de produits importés n'échappe à la hausse. Les produits énergétiques affichent la plus forte progression (+28,5%), suivis des produits alimentaires (+17,1%), des biens de consommation (+8,2%), des matières premières et demi-produits (+7,9%) et des biens d'équipement (+6,2%).

Cette flambée généralisée des importations, notamment énergétiques, explique l'essentiel du creusement du déficit commercial.

L'Union européenne, partenaire dominant

Sur le plan géographique, l'Union européenne demeure de loin le premier partenaire commercial de la Tunisie, absorbant 70,2% des exportations tunisiennes (31,3 milliards de dinars) et fournissant 45,1% des importations (28,1 milliards de dinars).

Les échanges progressent avec la France (+3,4% à l'export, +17% à l'import), l'Italie (+5,2% à l'export, +16,7% à l'import) et l'Allemagne (+2,1% à l'export). En revanche, les exportations reculent nettement avec la Grèce (-19,9%) et Malte (-10,8%).

 

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Côté pays arabes, les exportations vers l'Égypte (+76,6%) et l'Arabie saoudite (+50,4%) connaissent une envolée remarquable, tandis qu'elles chutent avec le Maroc (-25,1%), l'Algérie (-13,1%) et, plus légèrement, la Libye (-1,1%).

Hors Union européenne, les importations progressent avec la Turquie (+8,1%), l'Inde (+4,2%) et la Chine (+6,1%), alors qu'elles s'effondrent avec la Russie (-51%) et le Royaume-Uni (-22%).

Un déficit énergétique qui pèse lourd

Analysé par groupe de produits, le déficit commercial provient principalement du secteur énergétique, dont le solde négatif atteint 8,9 milliards de dinars, contre -7,1 milliards un an plus tôt.

Suivent les matières premières et demi-produits (-4,5 milliards de dinars), les biens d'équipement (-3,1 milliards) et les biens de consommation (-2,2 milliards). Seul le secteur alimentaire dégage un excédent, de 983,1 millions de dinars.

Hors facture énergétique, le déficit commercial tunisien se limiterait à 8,9 milliards de dinars, soit près de moitié moins que le déficit global. Ce constat souligne le poids déterminant de la dépendance énergétique du pays dans la détérioration de sa balance commerciale.

Omar EL Oudi

 

Publié le 12/09/26 19:14

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