La monnaie unique est tombée lundi à son plus bas niveau depuis 17 mois, alors que les tensions autour de la dette française commencent à peser plus largement sur les marchés européens.

L'euro poursuit sa glissade face au dollar. La monnaie unique est tombée lundi 5 octobre 2026 à 1,1161 dollar, son plus bas niveau depuis mai 2025.
Elle reculait encore de 0,54 %, à 1,1193 dollar, après avoir touché ce nouveau plancher en séance. La monnaie unique signe ainsi une quatrième semaine consécutive de baisse, sous la pression des tensions sur la dette française et des incertitudes politiques en Europe.
La France fragilise l'euro
Le recul de la monnaie européenne intervient après une semaine particulièrement tendue sur le marché obligataire français. Le rendement de l'obligation française à dix ans a atteint près de 4,9 %, son niveau le plus élevé depuis 2002, tandis que l'écart avec le rendement allemand s'est fortement creusé.
L'écart entre les obligations françaises et allemandes à dix ans a atteint vendredi plus de 150 points de base en séance, avant de revenir autour de 146 points lundi. Cet écart, qui mesure la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française plutôt que la dette allemande, avait déjà atteint des niveaux qui n'avaient plus été observés depuis la crise de la dette souveraine de la zone euro.
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Les marchés s'interrogent notamment sur la capacité de Paris à maîtriser son déficit alors que le pays doit composer avec une dette élevée, un gouvernement minoritaire et une échéance présidentielle prévue en 2027. Les difficultés à faire adopter le budget et les mesures d'économies alimentent ainsi les doutes sur la trajectoire des finances publiques françaises.
Le risque d'une contagion à la zone euro
La nervosité ne se limite désormais plus au marché obligataire. La baisse de l'euro traduit également les inquiétudes croissantes des investisseurs face au risque que les tensions françaises finissent par se propager aux autres marchés de dette de la zone euro.
Certains analystes établissent déjà un parallèle avec les mécanismes observés lors de la crise de la dette souveraine du début des années 2010. La hausse des primes de risque pourrait en effet accroître les coûts de financement d'autres États européens et peser davantage sur la monnaie unique.
Le scénario d'une nouvelle crise de l'euro reste toutefois prématuré. Pour certains stratégistes, les tensions actuelles restent avant tout liées à la situation propre de la France et ne constituent pas encore une crise généralisée de la zone euro.
L'euro ne recule pas seulement face au dollar. Il cédait également 0,50 % face au franc suisse et 0,40 % face à la livre sterling lundi, une défiance qui dépasse le seul marché euro-dollar.
Jihen Mkehli
Publié le 06/10/26 08:26




