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Les dettes de l'Etat envers ses fournisseurs s'élèvent à 206 millions de dinars à fin novembre

Hichem Ajbouni, Député du parti Courant Démocrate (Attayar) et Vice-président de la Commission provisoire des finances au sein de l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), était l'invité ce matin de l'émission " Au vif du sujet " sur RTCI pour parler des hypothèses de prévision prises en compte dans l'élaboration de la loi de finances pour la gestion 2020.

M. Ajbouni a fait savoir qu'il s'agit d'une loi de finances purement comptable avec des dépenses publiques pour lesquelles on doit trouver des recettes fiscales et autres. " La loi de finances 2020 n'a pas été assise sur une vision économique ni sociale et qui ne dispose même pas d'un minimum de dispositions permettant de booster la croissance ", a-t-il déclaré.

Un taux de croissance de +2,7% prévu pour 2020 difficile à réaliser

La loi de finances pour la gestion 2020 s'appuie sur un taux de croissance de +2,7% contre +1,4% prévu pour 2019. Selon M. Ajbouni, ce taux s'est basé sur une croissance des industries manufacturières de +1,5%. " Je ne vois pas comment les industries manufacturières vont réaliser ce taux de croissance l'année prochaine sachant qu'elles ont enchaîné, jusqu'à septembre 2019, cinq trimestres consécutifs de baisse et que la zone euro, notre premier partenaire économique, est en récession ", s'interroge M. Ajbouni.

Un autre taux qui attire l'attention a été évoqué par le président de la Commission provisoire des finances à l'ARP, c'est le taux de croissance prévu pour 2020 des industries non-manufacturières qui atteindra selon la loi de finances +7%, contre +0,9% cette année. " Pour le calcul de ce taux, le gouvernement a pris en compte l'entrée en exploitation du champ Nawara. Mais, celui-ci connaît quant à lui de grandes difficultés sur le plan financier qui ont causé le report de son entrée en exploitation à plusieurs reprises ", explique-t-il.

Par ailleurs, le gouvernement sortant prévoit un prix moyen du baril de pétrole de 65 dollars l'année prochaine tandis que le taux de change du dinar n'a pas été communiqué et ce, pour la troisième année consécutive afin d'éviter la spéculation sur le dinar.

Quant au déficit budgétaire, il devrait s'établir à 3% l'année prochaine. " Le taux du déficit budgétaire avancé par le gouvernement sortant sera réalisé au détriment de la qualité des services publics et de la solvabilité de l'Etat envers ses fournisseurs ", a déclaré M. Ajbouni qui ajoutera que, selon le ministre des Finances, Mohamed Ridha Chalghoum, les dettes de l'Etat envers ses fournisseurs, jusqu'au 26 novembre 2019, s'élèvent à 206 millions de dinars et ce, sans tenir compte de la restitution de la TVA.

Omar El Oudi

Publié le 11/12/2019 10:28:52

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