Le pétrole Brent s'échange actuellement au‑dessus de 110 dollars le baril, porté par les perturbations massives dans plus de 40 installations énergétiques de neuf pays du Moyen-Orient.

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, les prix du brut enchaînent les hausses, portés par une inquiétude sur l'approvisionnement mondial.
Ce lundi, le baril de Brent, référence internationale, s'est solidement installé au-dessus des 110 dollars, atteignant 113,41 dollars, en hausse de 2,17 % sur la séance. De son côté, le WTI américain a suivi la même trajectoire, grimpant à 101,43 dollars, soit un bond de 3,26 %.
En moins d'un mois, le Brent est passé d'environ 72 dollars à plus de 110 dollars, soit une envolée de plus de 50 % depuis fin février.
La principale raison tient au blocage, même partiel, du détroit d'Ormuz. Ce passage stratégique concentre à lui seul près de 20 % des flux pétroliers mondiaux : un baril sur cinq y transite. En temps normal, près de 20 millions de barils par jour y circulent. Mais dans certaines phases du conflit, ces flux sont tombés à seulement 2 à 3 millions de barils par jour.
Ainsi, les prix ne montent plus seulement par anticipation, mais sous l'effet d'un manque réel d'offre. Le marché est entré dans une logique de pénurie relative, d'autant plus marquée qu'il n'existe quasiment aucune capacité disponible pour compenser rapidement un tel choc.
Des destructions massives qui prolongent la crise
Le choc ne se limite plus aux prix. Il s'étend désormais aux infrastructures elles-mêmes, avec des dégâts qui risquent de s'inscrire dans la durée.
Selon l'Agence internationale de l'énergie, plus de 40 installations énergétiques réparties dans neuf pays du Moyen-Orient ont été gravement, voire irrémédiablement endommagées depuis le début du conflit. Un niveau de destruction record menace de prolonger durablement les perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales.
L'agence prévient que la remise en état ne sera ni rapide ni simple. Champs pétroliers, raffineries, oléoducs… autant d'infrastructures critiques qui nécessiteront des mois, voire des années, avant de retrouver leur pleine capacité.
Mais l'impact dépasse largement le seul pétrole. L'Agence internationale de l'énergie souligne que plusieurs piliers de l'économie mondiale ont été touchés : produits pétrochimiques, engrais, soufre, hélium… Des chaînes entières sont perturbées, avec des répercussions directes sur l'industrie, l'agriculture et les coûts de production à l'échelle mondiale.
Pour rappel, le 11 mars, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie ont décidé la libération de 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques, soit près de 20 % des stocks disponibles, afin de compenser le choc d'approvisionnement provoqué par la guerre et limiter les perturbations des flux pétroliers mondiaux.
Jihen Mkehli
Publié le 23/03/26 08:27




