Après Société Générale et Crédit Agricole, BNP Paribas s'apprête, à son tour, à quitter la banque de détail marocaine.
Après plus d'un demi-siècle de présence, le groupe français BNP Paribas prépare son retrait définitif du marché marocain à travers la cession de sa participation dans la Banque Marocaine pour le Commerce et l'Industrie (BMCI) au groupe marocain Holmarcom.
Le groupe bancaire français a annoncé la signature d'un accord portant sur la vente à Holmarcom Finance Company de l'intégralité de sa participation majoritaire de 67 % dans la BMCI. L'opération, conclue le 29 avril 2026 après plusieurs mois de négociations entre les deux parties, devrait être finalisée au quatrième trimestre 2026, sous réserve de l'obtention des autorisations réglementaires nécessaires auprès des autorités marocaines.
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Cette cession devrait également avoir un effet favorable sur les indicateurs financiers de BNP Paribas. Le groupe estime que l'opération permettra de renforcer d'environ 15 points de base son ratio de fonds propres CET1, un indicateur clé utilisé pour évaluer la solidité financière des établissements bancaires.
À fin juin 2026, le ratio CET1 de BNP Paribas s'établissait déjà à 13 %, enregistrant une progression de 20 points de base sur un trimestre. Le groupe affirme ainsi avoir atteint avec un an d'avance l'objectif qu'il s'était fixé pour 2027 en matière de solidité financière.
Un désengagement après plus d'un siècle de présence
BNP Paribas détenait jusqu'ici la majorité du capital de la BMCI, une banque créée en 1964 et devenue, au fil des décennies, l'un des principaux établissements du paysage financier marocain. La cession de cette participation permettra à Holmarcom de renforcer son poids dans le secteur bancaire, après l'acquisition du Crédit du Maroc auprès du groupe français Crédit Agricole en 2022.
Avec le retrait annoncé de BNP Paribas, la présence des grands réseaux bancaires français dans la banque de détail au Maroc devrait quasiment disparaître, laissant davantage de place aux acteurs nationaux.
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Pour autant, cette sortie ne signifie pas un retrait complet du groupe français du royaume. BNP Paribas a indiqué vouloir maintenir certaines activités au Maroc, notamment dans la banque d'investissement et à travers sa filiale spécialisée dans le financement automobile, tout en mettant en place un partenariat commercial avec Holmarcom afin d'assurer la continuité des services proposés aux entreprises clientes.
Une " marocanisation " progressive du secteur financier
À travers cette opération, le groupe marocain Holmarcom poursuit son ambition de construire un pôle financier intégré, après avoir déjà pris le contrôle du Crédit du Maroc auprès du groupe français Crédit Agricole.
Le rapprochement envisagé entre la BMCI et Crédit du Maroc pourrait ainsi donner naissance à un acteur bancaire de taille plus importante sur le marché marocain, capable de renforcer ses positions dans la banque de détail, le financement des entreprises et les services financiers spécialisés.
Avant BNP Paribas, d'autres établissements français avaient déjà réduit leur présence dans le royaume. La Société Générale a cédé en 2024 sa filiale marocaine au groupe Saham, tandis que Crédit Agricole avait transféré le contrôle du Crédit du Maroc à Holmarcom.
Outre le secteur bancaire, cette montée en puissance des groupes marocains concerne également d'autres segments de la finance, notamment l'assurance. Le groupe Saham s'est ainsi imposé comme un acteur de poids du secteur après la reprise des activités marocaines de Société Générale, tandis que Holmarcom développe un ensemble financier intégré combinant banque et assurance à travers ses différentes filiales.
Jihen Mkehli
Publié le 27/07/26 10:21




