Annoncé en mai, le projet d'une centrale électrique de 1.400 MW en Tunisie revient au cœur des discussions entre Tunis et Alger. Une délégation technique tunisienne doit prochainement se rendre en Algérie pour examiner les modalités de réalisation de cette infrastructure.
Le projet d'une grande centrale électrique à cycle combiné de 1.400 MW en Tunisie, proposé par l'Algérie en mai dernier, revient au cœur des discussions. Près de quatre mois après sa première annonce, Tunis et Alger ont convenu d'engager les démarches nécessaires à sa réalisation dans les meilleurs délais.
L'annonce a été faite jeudi 1er octobre à Alger par Salah Zouari, ministre de l'Équipement et de l'Habitat chargé de la gestion du ministère de l'Industrie, des Mines et de l'Énergie, à l'issue d'une rencontre avec Mourad Adjal, ministre algérien de l'Énergie et des Énergies renouvelables et PDG de Sonelgaz.
Une délégation technique tunisienne doit prochainement se rendre en Algérie afin d'examiner les différents détails liés à la réalisation du projet. Le montant de l'investissement sera fixé ultérieurement.
Un projet déjà sur la table
Le projet avait été évoqué le 24 mai 2026, lors d'une rencontre à Alger entre Mourad Adjal et une délégation de la Société tunisienne de l'électricité et du gaz (STEG), conduite par son PDG Fayçal Trifa.
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Le ministère algérien de l'Énergie avait alors fait état d'une proposition portant sur la réalisation, sur le territoire tunisien, d'une centrale électrique à cycle combiné d'une capacité de 1.400 MW.
Les discussions avaient également porté sur l'approvisionnement de la Tunisie en électricité ainsi que sur la relance de l'interconnexion électrique entre l'Algérie, la Tunisie et la Libye. À ce stade, le projet était présenté comme une proposition à l'étude.
Le coût et le calendrier encore en suspens
La nouvelle séquence engagée à Alger doit désormais permettre aux équipes techniques tunisiennes et algériennes d'examiner les conditions concrètes de mise en œuvre du projet. Les modalités de financement, le coût global, le calendrier de construction et les autres paramètres techniques restent encore à déterminer.
La centrale fonctionnerait selon la technologie du cycle combiné, qui associe turbines à gaz et turbines à vapeur afin d'améliorer le rendement de la production électrique. Avec une capacité de 1.400 MW, elle représenterait une capacité importante pour le système électrique tunisien.
Le projet s'inscrit par ailleurs dans un contexte de forte progression des besoins en électricité. À fin juillet 2026, la production nationale avait augmenté de 6% sur un an pour atteindre 12.333 GWh, tandis que les achats d'électricité, principalement auprès de l'Algérie, couvraient environ 10% des besoins du marché local.
Une coopération énergétique qui s'élargit
La discussion autour de cette centrale intervient en marge de la deuxième réunion ministérielle consacrée au SoutH2 Corridor, tenue le 1er octobre à Alger. La Tunisie, l'Algérie, l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne ont signé à cette occasion une déclaration ministérielle d'intention destinée à faire avancer ce corridor d'hydrogène vert entre l'Afrique du Nord et l'Europe.
Dans ce contexte, l'Algérie joue déjà un rôle important dans l'approvisionnement de la Tunisie. Les deux pays poursuivent parallèlement leur coopération sur les échanges d'électricité et sur l'interconnexion régionale, notamment avec la Libye.
Pour la centrale de 1.400 MW, le prochain rendez-vous sera désormais technique. La délégation tunisienne devra préciser avec la partie algérienne les conditions de réalisation du projet, avant que soient arrêtés son coût et son calendrier.
Jihen Mkehli
Publié le 05/10/26 09:45




