Après un bref répit, le pétrole dépasse de nouveau les 115 dollars, sous l'effet des tensions autour des détroits stratégiques d'Ormuz et de Bab el-Mandeb.

Après une accalmie passagère la semaine dernière, marquée par un retour sous la barre symbolique des 100 dollars, les cours du pétrole repartent nettement à la hausse. Ce lundi, le Brent dépasse les 116 dollars, porté par une nouvelle dégradation de la situation géopolitique au Moyen-Orient.
Dans le détail, le Brent s'établit à 116,24 dollars (+3,26 %), tandis que le WTI américain progresse à 101,69 dollars (+2,06 %).
Les investisseurs redoutent avant tout des perturbations sur les routes maritimes stratégiques. Le week-end a été marqué par une montée des tensions, avec l'implication accrue des Houthis au Yémen, alliés de l'Iran, dans le conflit régional.
Des attaques et menaces visant des axes clés de circulation énergétique ont rallumé les craintes d'un blocage du détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique reliant la mer Rouge au golfe d'Aden, par lequel transite une part significative du commerce mondial de pétrole.
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Les analystes et les investisseurs redoutent la capacité des Houthis à perturber durablement le trafic maritime dans cette zone, par laquelle transite près de 12 % du commerce mondial. Toute perturbation significative, associée à une forte hausse des coûts d'assurance, pourrait entraîner une nouvelle flambée du prix du brut et exercer une pression supplémentaire sur les actifs à risque.
Des pénuries massives s'annoncent
Depuis près d'un mois, la fermeture du détroit d'Ormuz, par où transite près de 20 % du pétrole et du gaz mondiaux, provoque des secousses à répétition sur les marchés. Et plus le blocage dure, plus l'impact s'aggrave.
Le trafic maritime en dit long, là où 50 à 60 navires passent chaque jour en temps normal, à peine une vingtaine ont été recensés sur toute la semaine écoulée. Un ralentissement brutal qui désorganise l'approvisionnement mondial.
Comme conséquence directe, les stocks sont mis à contribution à un rythme soutenu. Entre 60 et 85 millions de barils sont consommés chaque semaine pour compenser, alors qu'à peine 400 millions ont été libérés depuis le début du conflit, sur recommandation de l'Agence internationale de l'énergie.
Mais le choc dépasse largement le pétrole. La disparition de 15 à 20 millions de barils par jour coupe une partie de la production mondiale de ses débouchés et désorganise plusieurs chaînes industrielles. Gaz industriel, diesel, cuivre, engrais, lubrifiants… les effets se diffusent rapidement.
Pendant ce temps, la production des semi-conducteurs pourrait être fragilisée par les tensions sur l'hélium, un gaz indispensable au fonctionnement des machines de fabrication des puces, notamment pour le refroidissement et la gravure de précision.
Or, 30 à 40 % de l'offre mondiale d'hélium est aujourd'hui menacée, dans un contexte de perturbations logistiques et énergétiques, avec le Qatar, l'un des principaux fournisseurs mondiaux, en première ligne. Toute rupture d'approvisionnement pourrait ainsi ralentir la production de puces, déjà sous tension, et se répercuter sur l'ensemble de l'industrie technologique.
Jihen Mkehli
Publié le 30/03/26 08:26




