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L’aluminium enregistre sa plus forte baisse depuis 2008

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Après avoir bondi en pleine guerre entre les États-Unis et l'Iran, le métal industriel replonge, rattrapé par le retour des flux d'approvisionnement.

 

 

Après avoir atteint un pic depuis quatre ans en pleine guerre, l'aluminium s'oriente désormais vers sa plus forte baisse mensuelle depuis 2008. Le métal industriel chute de plus de 15 % sur le mois de juin, effaçant une grande partie de la hausse déclenchée plus tôt dans l'année par les perturbations liées au conflit.

Sur le London Metal Exchange, le contrat d'aluminium à trois mois s'établissait à 3 091 dollars la tonne, en légère hausse de 0,1 % par rapport à la clôture précédente.

Le recul des prix s'explique principalement par les anticipations de reprise des expéditions après la réouverture progressive du détroit d'ormuz, un axe stratégique par lequel transitent une part importante des flux énergétiques et industriels. Cette reprise a permis aux cargaisons de circuler plus librement, dissipant le choc d'offre qui avait soutenu les prix en mars et avril.

La région du Moyen-Orient représente près de 10 % de la production mondiale d'aluminium. Dans ce contexte, la détente géopolitique a entraîné un ajustement rapide des marchés, et les primes ex-Chine ont fortement reculé après l'annonce des accords de trêve, soit la fin d'une période de tension sur l'offre.

La guerre, moteur temporaire des cours

Au plus fort de la guerre entre les États-Unis et l'Iran, l'aluminium avait pourtant connu une envolée rapide, portée par un choc d'offre mondial et une forte prime de risque sur les marchés des métaux.

Entre décembre 2025 et mai 2026, le cours de l'aluminium sur le London Metal Exchange est passé d'environ 2 800 dollars à près de 3 600 dollars la tonne, soit une hausse de près de 25 % en six mois, selon les données de marché.

 

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Ce mouvement haussier s'est accéléré au moment du conflit, avec des prix qui ont brièvement touché des niveaux proches de 3 400 à 3 600 dollars la tonne, leur plus haut niveau depuis près de quatre ans. Dans les moments les plus tendus, certains scénarios de marché anticipaient même un retour vers les 4 000 dollars la tonne, dans un contexte de risque de pénurie généralisée.

La hausse a été causée par une combinaison de facteurs. D'abord, les perturbations logistiques autour du détroit d'Ormuz, point stratégique du commerce mondial, qui ont ralenti une partie des flux en provenance du Golfe. Ensuite, la montée des coûts énergétiques, particulièrement pénalisante pour l'aluminium, métal dont la production est fortement dépendante de l'électricité.

Enfin, les marchés avaient intégré une réduction temporaire de l'offre en provenance du Moyen-Orient, une région qui représente environ 9 à 10 % de la production mondiale.

Le retour partiel à la normale dans le détroit d'Ormuz a rapidement effacé la prime de risque, et a entraîné un repositionnement brutal des investisseurs et une vague de prises de bénéfices sur les positions spéculatives.

Jihen Mkehli

 

Publié le 01/07/26 08:50

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