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La Turquie prévoit de créer une alternative au détroit d’Ormuz

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Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient fragilisent les grandes routes énergétiques mondiales, la Turquie ambitionne de développer un corridor alternatif au détroit d'Ormuz, l'un des passages maritimes les plus sensibles pour le commerce mondial. 

 

 

La Turquie prévoit de moderniser l'ancien chemin de fer du Hedjaz afin de créer, à terme, une nouvelle voie de transport reliant son territoire au golfe d'Oman et offrant une alternative terrestre au détroit d'Ormuz.

Le projet, qui pourrait être développé sur plusieurs années, vise à contourner l'un des principaux goulets d'étranglement du commerce énergétique mondial, particulièrement exposé aux tensions géopolitiques.

Selon le ministre turc des Transports et des Infrastructures, Abdulkadir Uraloğlu, la première étape consisterait à relier la Turquie à Alep, en s'appuyant sur les réseaux ferroviaires existants reliant la Syrie, la Jordanie et la région. Le projet prévoit ensuite une extension vers l'Arabie saoudite et Oman afin d'atteindre l'océan Indien.

Réduire la dépendance aux passages stratégiques

Le détroit d'Ormuz constitue aujourd'hui un point névralgique du commerce mondial de l'énergie, avec une part importante des exportations de pétrole et de gaz du Golfe qui y transitent. Les perturbations liées aux tensions entre l'Iran et les États-Unis ont renforcé les inquiétudes autour de la sécurité des approvisionnements et accéléré la recherche d'itinéraires alternatifs.

Dans ce contexte, Ankara cherche à positionner la Turquie comme un hub logistique et énergétique reliant l'Asie, le Moyen-Orient et l'Europe. Le pays dispose déjà d'une position stratégique grâce à ses infrastructures portuaires, ses oléoducs et ses corridors commerciaux reliant la Méditerranée à l'Asie centrale.

Un projet aux ambitions régionales

La remise en service du chemin de fer du Hedjaz, construit à l'époque ottomane au début du XXe siècle avant d'être largement abandonné après la Première Guerre mondiale, représente un projet à forte dimension symbolique et géopolitique.

Outre le transport de marchandises, Ankara souhaite en faire un axe majeur pour les échanges commerciaux et énergétiques régionaux.

Le corridor envisagé pourrait également compléter d'autres initiatives visant à diversifier les routes énergétiques, notamment les projets de liaisons entre l'Irak et la Turquie ou les infrastructures reliant les producteurs du Golfe aux marchés européens.

Des défis importants à surmonter

Malgré son potentiel stratégique, le projet reste confronté à plusieurs obstacles. La reconstruction des infrastructures ferroviaires dans une région marquée par des années de conflits nécessiterait d'importants investissements et une coopération politique entre plusieurs pays.

La stabilité sécuritaire en Syrie et la coordination avec l'Arabie saoudite et la Jordanie seront également déterminantes.

Pour Ankara, cette initiative vise à accroître son influence dans les chaînes logistiques mondiales. Alors que les crises géopolitiques redessinent les routes du commerce et de l'énergie, la Turquie entend transformer sa position géographique en avantage stratégique.

Jihen Mkehli

 

Publié le 31/07/26 13:44

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