Même si la production des raffineries devrait repartir à la hausse, le marché mondial du diesel ne retrouverait pas son équilibre de sitôt. Selon l'Agence internationale de l'énergie, les tensions pourraient se prolonger en 2027, avec des conséquences pour les pays africains qui dépendent des importations pour couvrir leurs besoins.
La détente du marché du diesel ne devrait pas être immédiate. Dans son rapport d'octobre, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit que l'augmentation de la production des raffineries permettra de rétablir un excédent d'offre dès le premier trimestre 2027.
Celui-ci ne suffira toutefois pas à compenser le déficit accumulé en 2026. Le marché devrait ainsi rester tendu pendant une bonne partie de l'année prochaine.
Les perturbations prolongées des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient et de Russie ont fortement réduit les volumes disponibles. Sur les neuf premiers mois de 2026, les exportations mondiales de gasoil et de diesel ont atteint une moyenne de 4,7 millions de barils par jour, en baisse de 10 % sur un an.
En septembre, les exportations nettes combinées du Moyen-Orient et de la Russie ont chuté à 820 000 barils par jour, soit un recul de plus de 60 % sur un an.
Des stocks au plus bas et des prix records
Cette contraction de l'offre s'est accompagnée d'une érosion des stocks. À la fin septembre, les stocks pétroliers mondiaux observés étaient inférieurs de 509 millions de barils à leur niveau d'avant-guerre, tandis que les réserves terrestres se situaient à leur plus bas niveau depuis au moins 2016.
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Les prix de gros du diesel ont dépassé 200 dollars le baril à Singapour à la mi-septembre et atteint environ 220 dollars en Europe et aux États-Unis, des niveaux records. À ces tensions s'ajoute l'envolée des taux de fret, qui renchérit le coût du pétrole livré aux raffineries et peut se répercuter sur celui des produits raffinés.
L'AIE prévient ainsi que les prix du diesel livré pourraient repartir à la hausse dans les principaux marchés importateurs, notamment en Europe, en Afrique et en Amérique latine.
Les économies africaines importatrices exposées
Pour les pays africains dépendants des importations de produits pétroliers raffinés, une prolongation de ces tensions pourrait se traduire par une hausse des coûts de transport, de production agricole et d'exploitation minière.
Le renchérissement du carburant risque également d'alimenter l'inflation et de peser sur le pouvoir d'achat, même si les conséquences dépendront des mécanismes nationaux de fixation des prix et des mesures de soutien mises en place.
Le Maroc figure parmi les économies structurellement exposées à ce risque. Depuis l'arrêt de la raffinerie Samir en 2015, le royaume importe pratiquement la totalité de ses produits pétroliers raffinés, selon Le360 Afrique. Cette dépendance le rend sensible aux fluctuations des prix internationaux des produits raffinés, aux marges des raffineries européennes et asiatiques ainsi qu'au coût du transport maritime.
La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) identifie par ailleurs 15 pays africains parmi les 22 pays les moins avancés les plus exposés aux chocs pétroliers. La liste comprend notamment la Mauritanie, la Gambie, le Burkina Faso, le Sénégal, la Tanzanie, le Mozambique, le Malawi et la Zambie.
Jihen Mkehli
Publié le 23/10/26 09:35




