Nouvelles lignes du Fonds national de l'emploi, aide technique pour un nouveau système d'information, assainissement du portefeuille, la Banque de Financement des PME a avancé sur plusieurs fronts en 2025. Ses fonds propres restent toutefois négatifs.

La Banque de Financement des Petites et Moyennes Entreprises (BFPME) a publié ses états financiers 2025, qui ont été soumis à l'assemblée générale ordinaire du 22 octobre 2026. La banque publique a élargi son offre de financement aux PME tout en restant fragilisée par un lourd héritage de créances douteuses.
Une activité de financement qui progresse
Les engagements de la banque (bilan et hors bilan) atteignent 447,4 millions de dinars (MDT) fin 2025, contre 438 MDT un an plus tôt, soit une hausse de 2,15 %.
Le principal fait marquant de l'exercice est la signature, le 23 avril 2025, de trois conventions avec l'État pour 20 MDT de lignes sur les ressources du Fonds national de l'emploi (FNE). Celles-ci, inscrites au passif s'élèvent à 16,5 MDT fin 2025, contre 5 MDT un an plus tôt. Les déblocages sur ce fonds restent à ce stade modestes, à 442 mille dinars.
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D'autres fonds ont aussi été mobilisés, à savoir 2,4 MDT débloqués sur le fonds Intilak 2, 1,4 MDT sur le fonds de soutien FFPME, 840 000 dinars de prêts participatifs Intilak 2 et 133 000 dinars sur le fonds RAIDET. Les recouvrements auprès de la clientèle ont atteint 13,1 MDT.
Des financements de partenaires pour moderniser la banque
Le 29 janvier 2025, la BFPME a signé avec le Fonds arabe pour le développement économique et social (FADES), gestionnaire du fonds BADER, une convention d'assistance technique. Elle prévoit une subvention de 400 mille dollars pour acquérir et mettre en œuvre un système d'information bancaire, sur un projet de 33 mois.
Côté trésorerie, une convention de prêt de 9 MDT a été conclue avec le ministère des Finances le 21 mai 2025. Elle est remboursable sur 5 ans dont 2 de franchise, à 9,9 %, et débloquée en deux tranches de 4,5 MDT. Les liquidités et équivalents de liquidités ont progressé à 46 MDT, contre 40,9 MDT fin 2024.
Assainissement du portefeuille
La banque a poursuivi le nettoyage de son bilan. Après décision de son conseil d'administration, elle a radié 14 créances relatives à 12 clients, pour 4,4 MDT d'engagements, sur la base de la circulaire BCT 2022-01 et de la législation fiscale.
Cette liste a été revue à la baisse après audit, faute de preuve de la poursuite des voies de recours pour les dossiers écartés.
Les provisions collectives, calculées selon la circulaire BCT 2025-01, ont donné lieu à une reprise de 2,86 MDT. Elle s'explique par la baisse de l'encours concerné et par une migration favorable des créances entre classes de risque.
La banque a aussi maîtrisé ses frais de personnel (13,3 MDT, en léger recul) et enregistré 1,27 MDT d'autres produits d'exploitation, dont des intérêts de trésorerie versés par la SOTUGAR et des dividendes de la SPCS.
Elle a par ailleurs publié pour la première fois une note sur les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), conformément au communiqué du Conseil du Marché Financier. Elle y décrit sa gouvernance et ses axes stratégiques, et chiffre un effectif de 117 personnes dont 32 femmes, 204 heures de formation et aucun cas de fraude significatif.
Un contexte financier qui reste difficile
Ces avancées ne changent pas le diagnostic. Le résultat net 2025 affiche une perte de 15,6 MDT, contre 13,1 MDT en 2024. Le produit net bancaire tombe à 1,1 MDT, contre 5,7 MDT, sous l'effet de la baisse des produits sur la clientèle et de la hausse des intérêts sur l'emprunt auprès du Trésor.
Les capitaux propres sont négatifs depuis 2022 et atteignent -68,6 MDT à fin 2025. Le ratio de créances classées reste à 93,3 %, avec une couverture de 55,5 % par provisions et agios réservés.
Les commissaires aux comptes, dans leur rapport, émettent une opinion avec réserves. Elles portent sur l'efficacité des garanties SOTUGAR et hypothécaires et sur le suivi des intérêts de trésorerie. Ils relèvent aussi des insuffisances du contrôle interne, un ratio de solvabilité de -9,55 % pour un minimum de 10 %, et jugent la situation financière " très critique ".
Ils rappellent enfin que la réduction puis l'augmentation de capital par conversion en capital de la dette japonaise, votées en mars 2024, ne sont pas encore concrétisées.
Omar EL Oudi
Publié le 23/10/26 08:27




